Arrondissement du Sud-Ouest - Les terrasses du boulevard Monk seront de retour l'été prochain

Pour Ronald Bossy, il ne fait pas de doute que les terrasses du boulevard Monk seront de retour l'été prochain. Le conseiller municipal de Vision Montréal (VM) dans l'arrondissement du Sud-Ouest estime que le projet-pilote mené l'été dernier a été un succès malgré ce qu'en pensent les opposants.

Fort d'un sondage favorable aux terrasses sur le boulevard Monk, le conseiller Bossy croit que ni le comité de citoyens opposés aux terrasses ni la mairesse d'arrondissement, Jacqueline Montpetit, ne pourront empêcher le projet d'être répété l'été prochain. «Il n'y en a pas eu de problèmes avec les terrasses. Au contraire, il y a eu beaucoup d'avantages et ils vont être forcés de l'admettre. D'une façon ou d'une autre, ce débat-là, en ce qui me concerne, est terminé. Ils diront ce qu'ils voudront, ce projet sera reconduit l'an prochain», a-t-il indiqué au Devoir.

Selon lui, le fait que la présence de terrasses n'ait pas causé de problèmes particuliers aux policiers et le maigre bilan de dix appels au 911 à leur sujet permettent à l'arrondissement de décréter leur retour pour les prochaines années. «Les jeunes qui courent dans les ruelles avec des bouteilles de bière à trois heures du matin, ce ne sont pas les terrasses qui ont causé ça. Ça existait avant et ça existe encore», fait valoir le conseiller. Selon lui, le boulevard Monk est en train de changer, tout comme le quartier. «Autrefois, le boulevard Monk était envahi par les motards, mais ils ne sont plus là. Ils sont tous en prison», résume-t-il.

D'autres établissements emboîteront le pas l'an prochain, mais le conseiller souhaite une plus grande diversité d'offres de services qui se traduirait par davantage de restaurants ou de bars offrant des repas.

L'arrondissement avait investi 116 000 $ dans l'aménagement des terrasses l'an dernier, une décision à laquelle s'étaient opposés les deux élus d'Union Montréal, dont la mairesse Jacqueline Montpetit. Ronald Bossy assure que l'arrondissement récupérera cette somme d'ici sept à huit ans puisque les trottoirs amovibles construits l'an dernier avec des fonds publics seront dorénavant loués aux tenanciers. C'est donc dire que si le projet avait été mis au rancart, les investissements auraient été perdus. «Ce serait fou d'arrêter», dit M. Bossy.

Pétition contre sondage

La décision devra être entérinée par le conseil d'arrondissement, mais comme les élus de Vision Montréal, et leur collègue Line Hamel — indépendante depuis qu'elle a dû quitter le caucus de VM — forment la majorité, la poursuite du projet fait peu de doutes. Jacques Lessard, membre du comité de citoyens opposés aux terrasses déplore que l'arrondissement ne tienne pas compte d'une pétition de 500 résidants contigus à la rue Monk, préférant s'appuyer sur le sondage favorable aux terrasses effectué l'automne dernier par la firme Ad hoc recherche. «On est en faveur de la revitalisation du boulevard Monk, mais pas avec des bars-terrasses», soutient-il.

Toutes les artères commerciales devraient avoir des terrasses, croit Roger Gallagher, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de la Promenade Ontario qui comprend mal l'opposition de la mairesse Montpetit dans le dossier de Monk. «Pendant des années, les artères commerciales ont été dépendantes des centres commerciaux et de leurs services. Il faut leur donner un cachet et un aspect de convivialité qui marqueront notre différence», avance M. Gallagher.

La promenade Ontario a lancé un projet-pilote l'an dernier avec un café-bistro qui, à ses propres frais, a aménagé une terrasse devant son établissement, et M. Gallagher espère que d'autres commerçants suivront son exemple l'an prochain.

Malgré la controverse, le concept de terrasses du boulevard Monk inspire d'autres regroupements de commerçants. «On pense les copier l'été prochain, je n'ai pas peur de le dire, indique Bernard Plante, directeur général de la SDC du Village, dans l'arrondissement de Ville-Marie. On a trouvé ça très beau. Les trottoirs de contournement ont été bien conçus.» Les trottoirs trop étroits de la rue Sainte-Catherine ne pourraient accueillir des terrasses, mais le modèle du boulevard Monk pourrait être appliqué à certains secteurs de la rue Amherst, croit M. Plante.