Montréal tourne la page sur son Bibliobus

C'est «avec véhémence» que le chef de l'opposition de la Ville de Montréal, Pierre Bourque, a déploré l'abandon du Bibliobus par l'administration Tremblay.

Cette dernière invoque la possibilité de faire des économies et une importante baisse de popularité du service pour justifier sa décision.

«Alors que l'administration municipale avait promis que les services à la population ne seraient pas touchés, a rappelé M. Bourque, elle fait le contraire et coupe allègrement dans un service qui bénéficie grandement aux personnes défavorisées.»

Le Bibliobus est une bibliothèque mobile qui parcourt le territoire de l'ex-ville de Montréal afin de desservir 16 points de service à toutes les deux semaines. À son bord, les lecteurs y retrouvent plus de 6000 documents choisis parmi une collection de 30 000 ouvrages.

Trois secteurs étaient particulièrement friands de ce service, soit Parc-Extension, Rivière-des-Prairies et Saint-Michel. Or, selon la Ville, l'ouverture en 1998 de la bibliothèque de Rivière-des-Prairies et l'ouverture l'an prochain de celle de Parc-Extension a obligé la Ville à revoir le service. D'autant plus que, depuis quatre ans, a souligné la responsable de la culture au comité exécutif, Helen Fotopulos, l'achalandage du Bibliobus a baissé de 43 %.

«La baisse de la fréquentation et du prêt du Bibliobus et l'amélioration de l'offre de service dans les bibliothèques sont parmi les facteurs qui justifient la décision de mettre fin à ce service, a-t-elle dit en réaction aux hauts cris de M. Bourque. Notre décision était à la fois logique et défendable, car elle garantit quand même l'accessibilité des citoyens à une bibliothèque tout en permettant des économies financières substantielles.»

Parce que chacun des prêts du Bibliobus coûte à la Ville une dizaine de dollars contre moins de deux dollars dans une bibliothèque de quartier, l'économie récurrente est évaluée à quelque 286 000 $.

La Ville ne se débarrassera pas de l'autobus pour autant. Plusieurs scénarios sont à l'étude, dont celui de le conserver pour répondre ponctuellement à des fermetures de bibliothèques de quartier touchées par des rénovations, par exemple.