Longueuil - Un budget inflationniste en raison de la fusion, selon le maire Olivier

Contrairement à Montréal, Longueuil voit ses dépenses exploser à la suite des fusions municipales. Pour augmenter ses revenus en conséquence, l'administration Olivier prendra donc ce qu'elle peut dans les poches des contribuables en 2003.

C'est un budget 2003 inflationniste qu'a dévoilé hier le maire de Longueuil, Jacques Olivier. Passant de 382 millions à 403 millions, les dépenses comme les revenus bondissent de 5,5 % par rapport au budget précédent, soit près de trois fois l'inflation anticipée pour 2002. Mais cela n'aide en rien l'iniquité entre arrondissements comme en témoignent les substantielles hausses de taxes que connaîtront bon nombre de contribuables.

Contrairement à Montréal, où l'administration Tremblay a réussi à maintenir les dépenses sous la barre de l'inflation anticipée de 2,1 %, la nouvelle ville unifiée de Longueuil peine à se serrer la ceinture. Les dépenses liées à la transition expliqueraient en grande partie cet état de fait.

Afin de déposer un budget équilibré, l'administration Olivier n'a pu diminuer la charge fiscale globale des arrondissements les plus taxés. Ainsi, les très sollicités et très nombreux contribuables des arrondissements Vieux-Longueuil et Saint-Hubert ne verront leur compte de taxes diminuer que d'un maigre 1 % (taux de taxes foncières et tarifications comprises).

En revanche, la charge fiscale globale de chacun des arrondissements les moins taxés, Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert, sera revue à la hausse de 5 %, soit le maximum permis par la loi sur les fusions municipales. Les deux autres arrondissements, Greenfield Park et Lemoyne, ne connaîtront pas de fluctuation en 2003.

Au total, cela fera passer les revenus de la Ville provenant de la taxation générale de 269 millions à 280 millions, une hausse de 4 %.

Le maire a justifié ces chiffres en indiquant qu'il a été incapable de dégager quelque économie que ce soit des fusions des villes de la Rive-Sud, malgré ce qu'avaient promis le ministre des Affaires municipales, André Boisclair, et sa prédécesseur, Louise Harel. «À ce que je sache, Mme Harel n'a jamais été maire et M. Boisclair n'a jamais administré une ville, a lancé avec vigueur le maire lorsque pressé de questions à ce sujet. Il y a des coûts à la fusion. [...] Pour maintenir la qualité des services, il y a un prix à payer avec les fusions, il faut donc avoir l'argent nécessaire.»

M. Olivier a chiffré à 20 millions la facture totale de la transition à ce jour, un montant qui n'a été épongé qu'à moitié par le gouvernement du Québec, a-t-il déploré. Une grande partie de ce coût est imputable à la hausse de 4,5 millions de la rémunération du personnel de la Ville embauché pour faciliter la transition. Des investissements en sécurité publique découlant d'obligations législatives (2,3 millions) et une augmentation de 3,2 millions de la provision pour gestion de risque sont également en cause.

«Québec a largement sous-estimé les efforts et les investissements nécessaires à la fusion», croit M. Olivier. De fait, ajoute-t-il, le gouvernement a surestimé les économies d'échelle réalisables. À titre comparatif, précisons que la Ville de Montréal a réussi à réaliser des économies de 45 millions en 2002 et de 35 millions en 2003. Pour ce faire, l'administration du maire, Gérald Tremblay, a notamment fait subir aux 27 arrondissements de Montréal des compressions de 1 %.

Par ailleurs, la dotation globale des arrondissements sera revue à la hausse de 16 millions l'an prochain, ce qui représente une injonction de trois millions de dollars en argent neuf. Les 13 autres millions proviennent d'un transfert des services centraux aux arrondissements.

Le maire a assuré que le salaire des élus ne sera pas revu à la hausse en 2003, une affirmation qui n'a pu être vérifiée dans le document du budget 2003, celui-ci étant on ne peut plus laconique.

L'opposition officielle que dirige Marc Lachance n'a pu réagir hier. Elle a reçu le budget après les journalistes et n'a eu droit à une séance d'information qu'en après-midi, quelques heures avant l'ouverture de la séance du conseil municipal.