Des maires morts en fonction

Le décès inattendu hier de la mairesse de Québec, Andrée Boucher, n'est pas une première dans les annales municipales. D'autres dirigeants de villes et villages de la province ont perdu la vie alors qu'ils étaient en fonction au cours des dernières années, le plus souvent dans de petites municipalités où le maire reste en poste de nombreuses années.

En 1997, à East Farnham, dans les Cantons-de-l'Est, les habitants ont même élu un maire en sachant qu'il allait mourir. Hubert Coulombe avait annoncé à ses concitoyens qu'il avait le cancer, ce qui a eu le drôle d'effet de bloquer les autres candidatures lors des élections. «Je voulais me présenter, mais on a appris le cancer de M. Coulombe. On ne se présente pas contre un héros!», avait d'ailleurs soutenu à La Voix de l'Est la conseillère municipale Madeleine Chabot. Comme dans la très vaste majorité des cas de décès rapide d'un maire, un des conseillers municipaux a assumé l'intérim jusqu'à l'élection suivante... qui se conclut souvent par l'accession au pouvoir du maire par intérim.

Certains meurent de manière plus controversée, comme ce fut le cas du maire de Richelieu en 1994. Robert Ostiguy a perdu la vie dans la folie meurtrière de l'Ordre du temple solaire (OTS), la secte qui a emporté 53 personnes dans des circonstances troubles en octobre 1994. M. Ostiguy est mort dans le carnage de Salvan, en Suisse, avec huit autres Québécois. Une maison avait aussi brûlé à Morin-Heights.

En novembre 1991, le maire de Lachine pendant 18 ans, Guy Descary, est quant à lui décédé en préparant son conseil municipal du lendemain. Il avait 59 ans et souffrait de diabète. Le maire de Bromont en 1996, Pierre Bellefleur, est lui aussi tombé sans prévenir. L'homme de 55 ans a perdu le contrôle de son véhicule sur la route 241, en Estrie.

Toujours en Estrie, la mairesse de Windsor, Carmen Juneau, a perdu la vie en 1999 à la suite d'un infarctus. Elle avait 64 ans et était maire de la petite ville depuis 1994. Auparavant, elle avait siégé à l'Assemblée nationale entre 1981 et 1994 sous la bannière du Parti québécois.