Déversement d'eaux usées à l'ïle des Soeurs: la Ville cherche les causes

L'arrondissement de Verdun et la Ville de Montréal effectuent des analyses pour déterminer si le déversement dans le Saint-Laurent d'eaux usées sanitaires de l'île des Soeurs s'explique aussi par d'autres raisons que le mauvais raccordement de la tuyauterie de 48 appartements ou maisons. Le chef de division, Ingénierie, de l'arrondissement, Jean Cardin, a fait cette annonce hier lors d'une conférence de presse.

Entre 2003 et 2005, l'arrondissement a dressé un inventaire des raccordements croisés à l'île des Soeurs, qui a permis de constater que les eaux usées de 48 unités d'habitation sur 8200 s'en vont directement dans le Saint-Laurent plutôt qu'à l'usine d'épuration des eaux.

Propriétaires responsables

Certains tuyaux servent à acheminer les eaux de pluie directement vers le fleuve et d'autres, les eaux usées, qui sont d'abord traitées. Un raccordement croisé signifie que le tuyau par lequel sortent les eaux usées d'une résidence, dont celles des toilettes, a été branché dans le réseau servant accueillir les eaux de pluie plutôt que les eaux usées.

L'arrondissement estime que les propriétaires des résidences concernées sont les principaux responsables de cette situation. «Les inspecteurs de la Ville doivent s'assurer que les constructions sont faites selon les normes municipales, provinciales et fédérales. Dans ce cas-là, oui, il y a eu manque [de la part] de la Ville», a néanmoins mentionné M. Cardin. «La Ville aurait dû faire une expertise plus pointue en termes de raccordements», a-t-il dit, ajoutant qu'il s'agissait d'un problème relativement nouveau et que les inspecteurs ne pouvaient pas tout vérifier.

Le taux de coliformes fécaux en aval de pont Champlain à l'île des Soeurs est très élevé. Lors des plus récentes analyses, il était de 130 000 par 100 ml d'eau. Or, le ministère de l'Environnement recommande aux citoyens de ne pas se baigner ni de pratiquer un sport qui les mettrait en contact avec l'eau quand le taux est de plus de 200 coliformes par 100 ml. M. Cardin a fait valoir que le taux de coliformes fécaux était beaucoup moins élevé, voire normal, seulement quelques mètres plus loin.

La conférence de presse d'hier s'est tenue à la suite de la parution hier dans Le Journal de Montréal d'un article faisant état du problème du déversement dans le fleuve d'eaux usées de résidences de l'île des Soeurs.

Portrait global des causes

L'arrondissement de Verdun et la Ville cherchent à obtenir un portrait global des causes du problème. «Ce qui sort actuellement, c'est un volume quand même relativement important d'eaux usées. Ce qu'on cherche, c'est une cause autre que celle des 48 unités», a déclaré M. Cardin.

Une autre cause possible serait «un mauvais branchement à l'intérieur des conduites municipales, donc des conduites plus importantes qui se trouvent sous les rues», a-t-il dit. Les analyses que mènent l'arrondissement et la Ville devraient être terminées d'ici à la fin du mois de septembre. Des mesures pourront ensuite être prises pour corriger la situation, a mentionné M. Cardin.

L'arrondissement reconnaît que le déversement génère des problèmes environnementaux. Ce n'est toutefois pas considéré comme un cas majeur, car le volume d'eau en cause n'est pas particulièrement important, a dit M. Cardin. Il y a moins de 30 ans, la majorité des villes du Québec ne traitaient pas du tout leurs eaux usées, a-t-il mentionné.

Le président de la coalition Eau Secours!, André Bouthillier, estime que la situation est d'une «tristesse immense, pas parce que le cas lui-même est grave, qu'on va tous en mourir demain, mais parce qu'il s'ajoute à l'ensemble des déversements [d'eaux usées] que la Ville de Montréal fait [dans le fleuve quand il y a de fortes pluies]».

«99 % de nos eaux usées sont traitées à l'usine d'épuration», a rétorqué un porte-parole de la Ville de Montréal, Philippe Sabourin.

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