Les villes défusionnées font peu de demandes d'information

Les 15 villes défusionnées sur l'île de Montréal ont très peu utilisé les mécanismes officiels de demande d'information mis à leur disposition dans le cadre du conseil d'agglomération. Depuis janvier 2006, seulement cinq demandes ont été formulées.

Ces chiffres fournis par la Ville de Montréal ne tiennent toutefois pas compte des informations qui ont pu être transmises d'un fonctionnaire à l'autre ou des sommaires décisionnels qui accompagnent les propositions. Mais qu'à cela ne tienne, les Dorval, Baie-d'Urfé, Hampstead et autres Kirkland estiment être maintenus dans le noir.

«On ne devrait pas avoir à demander l'information. C'est notre conseil à nous aussi, alors que les élus montréalais ont accès aux fonctionnaires. Si tout le monde paie la facture, tout le monde doit avoir accès à l'information», a soutenu hier Karen Marks, mairesse de Westmount et porte-parole de l'association des villes reconstituées.

Le gouvernement a déposé la semaine dernière un projet de loi qui sera débattu à l'automne et qui crée un secrétariat au conseil d'agglomération. Les intentions gouvernementales ont fait sortir de ses gonds le maire Gérald Tremblay, qui craint notamment un déséquilibre fiscal entre Montréal et les villes reconstituées.

Mais pour Karen Marks, l'attitude démontre que le maire Tremblay ne s'occupe pas, à titre de président de l'agglomération, du bien de tous les citoyens de l'île de Montréal. Mme Marks est formelle: le conseil d'agglomération est une structure antidémocratique où la transparence est un concept méconnu de la part de la Ville de Montréal. C'est d'autant plus vrai, selon elle, que l'information est choisie et donnée au compte-gouttes par le comité exécutif de l'agglomération qui est aussi celui de la Ville de Montréal.

«Quand on téléphone à la Ville de Montréal, ce ne sont pas nos employés. Ils ne se sentent pas obligés de répondre. Il y a une grande résistance due à la structure même», a affirmé Mme Marks.

Cette dernière cite l'exemple récent d'une proposition d'augmenter les tarifs d'eau qui touche, entre autres, les villes reconstituées. «Il n'y avait aucun document pour justifier la proposition. Ce n'est pas raisonnable», a fait valoir Mme Marks.

Au cours des derniers mois, l'association des villes reconstituées a commandé une analyse du conseil d'agglomération qui conclut à un manque de transparence dans l'utilisation des fonds et un problème d'imputabilité des fonctionnaires et des élus afin d'«assurer la protection des minoritaires contre les abus».

Vendredi dernier, le ministre Raymond Bachand, responsable de la région de Montréal, s'est porté à la défense des villes reconstituées. Il a jugé que le maire Tremblay charrie lorsqu'il dénonce l'instauration d'un secrétariat indépendant de Montréal.

Hier, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a critiqué à son tour le maire de Montréal pour avoir haussé le ton. «M. Tremblay a été très dur envers le gouvernement dans ses propos», a-t-il déclaré alors qu'il était de passage à Montréal.

«Une fois que tu as autorisé les défusions, il faut que tu permettes à ces gens-là d'avoir un mode de fonctionnement. Il y a des choses dans ce que le gouvernement étudie qui sont valables. Pour ce qui est du modèle dans son ensemble, il faudra écouter ce que la Ville de Montréal et les autres villes ont à dire», a affirmé Mario Dumont.

Bien que ce dernier prône l'abolition des conseils d'agglomération, il n'exclut pas la possibilité de voter en faveur du projet de loi.

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