Culture Montréal veut un «ministère de la Culture montréalais»

En préparation au sommet Montréal, métropole culturelle de novembre prochain, Culture Montréal propose de créer une Agence montréalaise de développement des arts et de la culture.

Pour en finir avec ce qu'il considère comme «une vision segmentée du développement de la ville», l'organisme appelle à une nouvelle gouvernance culturelle. Celle-ci passerait par le regroupement sous une même enseigne de tous les services de soutien aux arts, au patrimoine, aux institutions de la métropole — excluant ce qui relève des arrondissements — afin d'en réunir les forces vives et de pallier leurs manques.

«Sur le plan de la gouvernance, on aurait un C. A. qui regrouperait les différentes forces susceptibles de façonner le développement culturel de Montréal: le secteur de la culture, mais aussi le milieu des affaires, les élus avec des représentations des gouvernements supérieurs», explique Simon Brault, président de Culture Montréal, suivant l'exemple d'autres grandes métropoles culturelles — comme Barcelone — où la tendance est au regroupement des forces, des expertises et des moyens.

Il déplore le dédoublement et l'éparpillement des fonctions culturelles de la Ville, qui minent les efforts de développement, une situation héritée de l'épisode fusions-défusions selon lui. «On pense que c'est urgent de ramener une cohérence et une cohésion dans tout ça», dit-il. Il en va de la capacité de Montréal à incarner la métropole culturelle qu'elle clame être haut et fort depuis quelques années.

Bien qu'il décrive cette agence comme une espèce de «ministère de la Culture montréalais», le président se défend de vouloir créer une nouvelle structure. «C'est un amalgame de structures déjà existantes. Ce qui est présentement dans le giron administratif de plusieurs services de la Ville se retrouverait dans cette agence.»

Le Conseil des arts de Montréal (CAM) constituerait par exemple une division de l'agence, tout comme l'actuel Service de développement culturel et de la qualité de vie. Cette réunification pallierait les défauts de chaque entité. Le président cite notamment l'absence de service de recherche au CAM ou la séparation des arts et du patrimoine, incarnée par deux politiques distinctes — l'une culturelle, l'autre du patrimoine.

Cette réorganisation des forces permettrait de faire le pont entre les milieux d'affaires (donc d'influence) et de création, de décloisonner arts, design, architecture et patrimoine, d'assurer la création-diffusion des oeuvres en plus de leur rayonnement national et international, et assurerait à Montréal «un interlocuteur fort pour les gouvernements supérieurs», croit M. Brault.

Plus imposante, cette agence devra bénéficier de moyens financiers supérieurs à la somme de ses parties actuelles, clame-t-il. «La ville devra investir plus si elle veut continuer d'affirmer qu'elle est une métropole culturelle. Et si Québec et Ottawa acceptent de transiger et de se concerter avec cette agence, ça pourrait amener des investissements très importants.»

La proposition est lancée. Culture Montréal souhaite maintenant que les autres partenaires du sommet de novembre — la Ville, la Chambre de Commerce, les gouvernements — l'enrichissent de leur propre vision et expertise.

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