Montréal, une ville sale - «Toute vérité n'est pas bonne à dire», selon Tremblay

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n'a pas digéré les critiques du président-directeur général de Tourisme Montréal sur la malpropreté de la ville et remet en question sa crédibilité pour assumer la direction de l'organisme.

Lors d'un déjeuner-causerie de la Chambre de commerce qui avait lieu mardi, le p.-d.g. de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, a vertement critiqué la malpropreté et l'immobilisme de Montréal.

Piqué au vif, le maire Gérald Tremblay a répliqué hier en demandant la tête de M. Lapointe. «Le conseil d'administration de Tourisme Montréal devrait s'interroger sur la capacité de M. Lapointe de vendre Montréal à l'étranger», a lancé le maire Tremblay.

«Toute vérité n'est pas bonne à dire en public», a poursuivi M. Tremblay en soulignant que M. Lapointe contribue à ternir l'image de Montréal à l'étranger.

Il compte discuter sous peu avec le président du conseil d'administration de l'organisme, Jacques Parisien, de la pertinence de maintenir M. Lapointe à son poste. Tourisme Montréal est financé à 65 % par une taxe perçue sur les chambres d'hôtel, le reste provenant de sources gouvernementales. Montréal verse annuellement 1,4 million, sur un budget de 28 millions.

Le maire a souligné les efforts des dernières années pour embellir la ville de Montréal et la nettoyer, notamment avec la création de la Société de verdissement de Montréal et l'instauration de brigades de la propreté à l'oeuvre dans quatre arrondissements. «Est-ce qu'on voudrait faire davantage? Certainement, mais nos ressources sont limitées», a ajouté M. Tremblay.

La montée de lait du maire a fait bondir la chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Noushig Eloyan, qui accuse M. Tremblay d'avoir une attitude «dictatoriale». «Le message est maintenant passé à tous les organismes partenaires de Montréal: si quelqu'un ose s'écarter du discours jovialiste et de l'autocongratulation, le bureau du maire le poursuivra de son bras vengeur afin d'obtenir sa tête», a affirmé Mme Eloyan.

La ministre de la Culture, responsable de la région de Montréal, a pour sa part fait écho aux propos du maire en déplorant le discours du p.-d.g. de Tourisme Montréal. «Il n'était peut-être pas nécessaire de peser aussi fort sur le crayon», a fait valoir la ministre Line Beauchamp sur les ondes de RDI.
2 commentaires
  • 93Licar - Inscrite 1 février 2007 10 h 09

    Oui, Montréal est une ville sale et il faut se le dire!

    Montréal est une ville sale et j'espère que la population sera ulcérée de l'entendre dire haut et fort! Une grande part de l'embellissement de la ville est du ressort de l'administration municipale : propreté des lieux publics, des espaces verts ou réservés, trouver une autre façon d'accumuler puis de disposer des matières recyclables qui se retrouvent à la rue les jours de cueillette. Mais il faut bien dire, pour vivre et travailler à Montréal, que les citoyens eux-mêmes contribuent pour une large part à la saleté de Montréal. Sacs d'excréments de chien jetés au pied des arbres, à l'entrée des ruelles; emballages de repas rapides pris dans la voiture et que l'on jette le long des trottoirs; détritus que l'on jette pêle-mêle à la rue les jours de ramassage des ordures; conteneurs dont les contenants et odeurs se répandent à la sortie des restaurants ... La liste est longue et révélatrice du manque de civisme et de considération que l'on a pour soi-même et les uns pour les autres. Le « vivre ensemble » n'intéresse plus personne, individus, syndicats, patrons et administrations confondus c'est à qui laisserait tout faire par les autres sans jamais considérer que l'on a soi-même une responsabilité dans comment on vit sa ville!

  • Jacques Godin - Abonné 1 février 2007 17 h 54

    Quel Culot

    Quel culot a le maire de dire que toute vérité n'est pas bonne à dire. On est en démocratie et il y a un problème majeur avec Montréal. On doit en discuter. Lorsque l'on visite d'autres villes nord américaine comme New York ou Boston revenir à Montréal est choquant . C'est fortiori le cas si l'on arrive d'Europe.

    M. le maire prétend que l'on ne peut faire plus en raison des ressources limitées. Pourtant il y a deux ans lorsqu'il a fallu sauver les championnats mondiaux de piscine qui n'intéressaient personne il a trouvé l'argent et les a sauvé. Après ce sauvtage il parlait même d'avoir les jeux olympiques!

    Montréal est laide, sale, les infrastructures ne sont pas entretenues et n'importe qui peut construire n'importe quelles horreurs architecturales. Personne ne fait rien. On est plus intéressé à financer et subventionner des festivals, des événements internationaux, des fêtes de toutes sorte et fermer une partie des rues de Montréal de mai à octobre pour le bienfait des banlieusards qui retournent chez eux une fois la fête finie que d'améliorer la qualité de vie des citoyens montréalais et par le fait même attirer les touristes.

    Il est temps d'avoir un débat.

    Jacques Godin

    j.godin@videotron.ca