Hausse de taxe de 9,2 % à Longueuil

Le maire de Longueuil, Claude Gladu, n'avait pas de cadeau à donner hier aux résidents de sa ville à la veille des fêtes. Le budget de Longueuil dévoilé hier prévoit en effet une hausse de taxe moyenne de 9,2 %, soit en moyenne 150 $ pour une maison de 160 000 $.

«Normalement, on aurait dû avoir une augmentation de taxes de 20 %, cela aurait été inacceptable. On a réussi à couper dans les dépenses; 9,2 %, c'est le mieux qu'on pouvait faire sans réduire les services», a déclaré le maire Claude Gladu.

En déposant le budget, le maire a également annoncé une révision de l'ensemble des activités administratives de Longueuil. M. Gladu soutient que la structure municipale n'a pas rétréci avec les défusions, qui ont fait fondre de près de la moitié le nombre de citoyens (de 400 000 à 230 000).

La hausse des taxes est entre autres attribuable à l'augmentation du coût de la gestion des déchets et du recyclage (5 millions), au financement du transport en commun (3,1 millions), et à la croissance des dépenses en matière de sécurité publique (5 millions). Longueuil doit aussi éponger les intérêts sur l'emprunt effectué l'an dernier pour payer les dépenses courantes en attendant que le budget de l'agglomération soit décrété, une facture qui s'élève à 6 millions, dont la moitié doit être assumé par la ville centre. Le budget local présenté par Longueuil est de 226 millions, tandis que celui qui devrait être adopté demain par l'agglomération s'élève à 193 millions.

Résistance fiscale

Si le budget de Longueuil devait être adopté sans trop d'embûche lors d'un conseil municipal hier soir, la situation risque de se corser du côté de l'agglomération de la Rive-Sud. Plus tôt ce mois-ci, Longueuil a annoncé qu'elle transférait aux villes l'entretien des grandes artères, les équipements collectifs ainsi que la contribution au Réseau de transport de Longueuil. Les villes dernières devront donc augmenter leur taxe pour assumer ces nouvelles responsabilités.

Or, le maire de Saint-Bruno, Claude Benjamin, a indiqué hier qu'il n'avait pas l'intention de taxer ses citoyens en conséquence, puisque ces compétences ne sont pas attribuées au niveau local dans la législation. «Nous sommes responsables. On va faire les travaux, mais on va envoyer une note à l'agglomération, on va demander d'être remboursés», a fait valoir M. Benjamin. La ville de Saint-Lambert compte elle aussi se lancer dans ce type de résistance fiscale.

Boucherville et Brossard accueillent, quant à elles, favorablement ce transfert de compétences et taxeront les résidents de manière à pouvoir les assumer. La mairesse de Boucherville, Francine Gadbois, a qualifié ce transfert de «gain important» pour les villes reconstituées qui pourront ainsi mieux déterminer leurs priorités. Boucherville a adopté hier un budget comportant une hausse de taxe moyenne de 6,2 %, due aux dépenses de l'agglomération.

Au cabinet de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, on soulignait hier que l'agglomération était tout à fait dans son droit en décidant de transférer certaines responsabilités au municipalités. «Si l'agglomération statue à cet effet, je ne vois pas comment une ville pourrait ne pas remplir ses responsabilités au niveau de la taxation», a déclaré l'attaché de presse de la ministre, Jonathan Trudeau.

Le budget de l'agglomération de Longueuil devrait être adopté demain, grâce aux nouvelles règles adoptée cette année par Québec qui permettent son adoption aux deux tiers des voix.