Québec - La mairesse Boucher doit négocier son budget avec l'opposition

Andrée P. Boucher
Photo: Clément Allard Andrée P. Boucher

Québec — Minoritaire au conseil municipal de Québec, la mairesse Andrée P. Boucher doit négocier avec l'opposition, afin que son budget soit adopté avant Noël. La chef de l'opposition, Ann Bourget, plaide que les hausses de taxes de 5,4 % proposées début décembre pourraient être réduites à 2 %.

«Je ne vous cache pas que j'ai fait des concessions qui me demandent tout un effort», a déclaré la mairesse hier, à la sortie d'une rencontre avec la dirigeante du Renouveau municipal de Québec (RMQ), Ann Bourget. «Les augmentations de taxes de 5,4 % pour le résidentiel qu'on a proposées auraient pu être plus élevées compte tenu des coûts dans les caisses de retraite.»

À moins d'une impasse, le conseil municipal doit adopter le budget, ce soir, à l'occasion d'une séance spéciale. Avec 24 des 37 sièges au Conseil, le RMQ a le pouvoir de bloquer le budget présenté par Mme Boucher qui n'a donc pas eu le choix de réviser sa proposition. Après avoir confié les négociations au directeur général de la Ville, Alain Marcoux, elle a finalement accepté de rencontrer la chef de l'opposition, Ann Bourget, hier après-midi. Les deux femmes devaient reprendre les discussions à la sortie de la séance ordinaire du conseil, en soirée.

«On a bon espoir de trouver un compromis», a déclaré Mme Bourget. Interrogée sur une baisse éventuelle des hausses de taxes annoncées par la mairesse, la chef de l'opposition a répondu qu'«on devra annoncer une bonne nouvelle à la population de Québec d'ici les Fêtes.»

Masse salariale et dette

Si l'une et l'autre semblaient résolues à trouver un compromis hier, tous les scénarios demeurent ouverts. «Si l'on ne réussissait pas à s'entendre d'ici à demain soir [ce soir], c'est la proposition initiale que je redéposerai», a précisé la mairesse. «À ce moment-là, l'opposition peut en faire ce qu'elle veut puisqu'elle est majoritaire. Elle peut se refaire un budget si elle le souhaite.»

Quant à savoir si le conseil pourrait avoir à siéger pendant les Fêtes, Mme Boucher s'est montrée rassurante. «J'ai déjà adopté un budget à minuit et quart le 31 décembre [...] mais ça ne donne rien à personne.»

Afin de réduire les hausses de taxes, Ann Bourget a proposé, entre autres choses, de réduire les immobilisations payées comptant (9,6 millions de dollars) et de ne pas remplacer tous les employés qui prennent leur retraite (5,2 millions). Les économies proposées s'élèvent à plus de 25 millions alors que le budget Boucher proposait une augmentation des dépenses de 34,7 millions.

Andrée P. Boucher est réfractaire à l'idée de réduire la part d'immobilisations payées comptant «parce que ça coûte plus cher à la fin», mais se dit ouverte à discuter de programmes d'attrition. Son administration et l'opposition se sont déjà entendues sur une révision du Programme d'immobilisations (PTI) 2007-2008-2009. Ce programme qui englobe les investissements dans les infrastructures, sur une période de trois ans, serait réduit d'une cinquantaine de millions sur 1,05 milliard, alors que l'opposition réclamait qu'on retranche 108 millions. Le PTI doit être adopté en même temps que le budget ce soir.

Collaboratrice du Devoir
1 commentaire
  • Claude L'Heureux - Abonné 19 décembre 2006 16 h 33

    La politique au féminin

    Madame Boucher, qui a choisi de se présenter seule à la mairie, doit négocier son budget vaindicatif (c'est la faute aux fusions) avec madame Bourget. Quel sert son flingue et fasse preuve de pragmatisme, d'autant quelle négocie avec une autre femme et son équipe. Ces deux femmes devront faire les choses autrement.