Montréal songe à remplacer les 18 CLD par une structure unique

Montréal jongle avec l'idée de créer une agence à but non lucratif chargée du développement économique, à qui elle transférerait certains de ses fonctionnaires, afin d'agir comme centre local de développement (CLD) de toute l'île de Montréal, en remplacement des 18 CLD qui existent actuellement.

Le scénario a été étudié dans le cadre de la Revue des activités, services, opérations et programmes (RASOP), mais n'a pas été retenu pour le moment. L'hypothèse d'un grand CLD pour l'ensemble de l'île sera d'ailleurs discutée aujourd'hui dans le cadre du colloque de Projet Entrepreneuriat Montréal, un groupe d'experts indépendant qui doit formuler des recommandations à la Ville en mars prochain.

L'idée hérisse au plus haut point les 18 CLD (dont neuf sont des corporations de développement économique et communautaire). «Il est regrettable qu'on ne tienne pas compte de l'importance que le soutien à l'entrepreneuriat soit ancré dans les réalités propres à chaque arrondissement ou ville reconstituée de l'île», écrivent les représentants des 18 CLD dans une lettre ouverte.

Le gouvernement du Québec verse chaque année à l'agglomération montréalaise quelque 12 millions pour le soutien au développement économique, qui sont ensuite répartis entre les 18 CLD. Ces derniers craignent que la ville ne réoriente ces fonds vers une agence montréalaise. «C'est tentant pour la Ville de dire: "On prend cet argent, on finance en partie nos services en créant une agence où on transfère des fonctionnaires." C'est autant d'argent de moins que la Ville aurait à débourser», fait valoir le directeur du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (qui agit à titre de CLD), Pierre Morissette.

Les CLD s'opposent fermement à «toute reconfiguration du réseau qui ne tient pas compte de l'ancrage du développement économique au niveau local», poursuit M. Morissette.

L'idée est cependant loin d'être mûre. «Ce sont des éléments proposés pour permettre la discussion. [...] Ce n'est pas quelque chose de fixé à l'avance», fait valoir le responsable du développement économique à la Ville de Montréal, Alan DeSousa, soulignant que cette hypothèse a été soulevée au niveau administratif et non politique. «Ce n'est pas un sujet actif au niveau politique», poursuit M. DeSousa, sans écarter l'idée pour autant.

Le responsable du dossier au service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine, Jean Savard, précise pour sa part que le travail n'est pas encore complété et qu'il faudra attendre le dépôt du rapport du groupe indépendant Projet Entrepreneuriat Montréal (où siègent notamment deux fonctionnaires municipaux). «Le RASOP, de toute évidence, n'a pas tranché», explique M. Savard.

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