Méga-projet immobilier dans le Sud-Ouest - L'ancien maire Bossé est associé à la promotion du projet Village Griffintown

George Bossé
Photo: Jacques Grenier George Bossé

Le promoteur immobilier Devimco projette de construire un grand complexe immobilier au coût de 1,2 milliard dans le secteur Griffintown de l'arrondissement du Sud-Ouest, comme le dévoilait Le Devoir hier. L'ancien responsable du développement économique à la Ville à qui le dossier avait été présenté à l'époque, Georges Bossé, est aujourd'hui à l'oeuvre sur ce même projet au sein de l'équipe de la firme d'urbanisme Daniel Arbour et associés.

L'an dernier, alors qu'il était membre du comité exécutif et maire de Verdun, Georges Bossé recevait le promoteur Devimco, qui faisait la promotion de son projet immobilier de 1,2 milliard de dollars du nom de «Village Griffintown». Aujourd'hui, M. Bossé travaille sur le dossier chez la firme d'urbanisme Daniel Arbour et associés, qui mène les démarches pour le compte du promoteur auprès de la Ville.

La loi sur le lobbyisme impose un purgatoire de deux ans aux anciens élus municipaux avant que ces derniers ne puissent intervenir auprès de leurs anciens collègues pour faire avancer un dossier. Cette interdiction vaut autant pour les communications orales qu'écrites.

Bien au fait de cette disposition, qu'il évoque lui-même, Georges Bossé précise en entrevue au Devoir qu'il se contente de «travailler à l'interne», au sein de la firme Daniel Arbour et associés, sur le dossier du Village Griffintown. «Ce n'est pas un rôle comme celui prévu par la loi [sur le lobbyisme]. Je ne fais pas du lobbying d'aucune façon. [..] Mon travail s'est fait à l'interne. Je n'ai eu aucune rencontre avec des gens de la Ville», explique l'ex-maire de Verdun, bijoutier de métier avant de faire le saut en politique municipale.

Son travail a consisté par exemple à réviser des documents destinés aux services municipaux. «Je vais m'assurer que tous les points soulevés par la Ville vont être couverts quand la réponse va partir», illustre M. Bossé, expliquant qu'il coordonne le travail de divers employés «techniques» qui planchent sur les documents.

Lorsqu'il était de l'autre côté de la clôture, au comité exécutif, M. Bossé avait eu connaissance du projet de «Village Griffintown». «C'est un dossier qui avait été déposé devant moi avant que je quitte la vie politique. Ils sont venus nous rencontrer au comité exécutif au printemps 2005», se rappelle l'ex-maire de Verdun, qui a notamment été responsable du développement économique à la Ville de Montréal.

L'actuel responsable du développement économique au comité exécutif, Alan De Sousa, corrobore les propos de M. Bossé. «Il n'y a jamais eu de présence directe ou indirecte de M. Bossé lors des communications avec la Ville», précise-t-il.

La firme d'urbanisme Daniel Arbour et associés effectue depuis plusieurs mois des démarches auprès de la Ville pour le compte du promoteur Devimco afin de faire avancer le dossier de construction d'un complexe commercial et résidentiel d'une valeur de 1,2 million dans le secteur Griffintown de l'arrondissement du Sud-Ouest. Elle a notamment produit les esquisses acheminées aux services de la Ville.

Au cours des derniers mois, les membres du comité exécutif ont reçu une lettre de l'entrepreneur faisant état de sa frustration quant à l'état d'avancement du projet. Aucun dossier formel n'a cependant encore été déposé auprès des autorités municipales.

Comme le révélait Le Devoir dans son édition d'hier, le projet prévoit la construction de plusieurs immenses plateformes commerciales sur lesquelles seraient érigées quatre tours à logements. Le site visé, situé entre la rue Ottawa, l'autoroute Bonaventure, le canal de Lachine et la rue Wellington, est d'une superficie de deux millions de pieds carrés. La portion commerciale du projet, dont la superficie est estimée à un peu moins d'un million de pieds carrés, pourrait accueillir des magasins à grande surface, tels un supermarché, une grande pharmacie, un Canadian Tire et un Wal-Mart. On compterait aussi un bon nombre de plus petites boutiques. Les tours pourraient quant à elles abriter plusieurs milliers de logements.