CHUM: consultations pour initiés

Les consultations sur le projet du CHUM se poursuivent cette semaine sous forme d'ateliers thématiques. Bien qu'ouvertes au grand public, les discussions se déroulent surtout entre experts et apparaissent ainsi quelque peu hermétiques.

Hier, l'Office de consultation de Montréal a mené les débats concernant la question patrimoniale, l'architecture, la circulation et les stationnements. La salle était comble; s'y trouvaient presque exclusivement des fonctionnaires et des représentants d'organismes communautaires.

Les échanges étaient assez techniques et souvent émaillés d'expressions qui tenaient du jargon. Il a notamment été question d'«environnement guérissant» pour expliquer la nécessité pour les patients de bénéficier de la lumière du jour. Et c'est sans compter les circonvolutions du spécialiste de la Ville de Montréal en matière de circulation qui n'éclairaient personne.

À l'inverse, des fonctionnaires ont donné des explications claires. Ainsi, le représentant du ministère des Transports a donné l'assurance que le CHUM n'aura qu'un effet marginal sur le nombre d'automobilistes qui emprunteront la sortie de l'autoroute Ville-Marie à proximité (Sanguinet). Aussi, un fonctionnaire de Montréal a émis des doutes sur l'utilisation des toits verts pour les nouveaux bâtiments du CHUM. Selon lui, l'idée, bien qu'à la mode, représente des risques pour les bâtiments. De plus, c'est très onéreux, alors qu'«on va manquer d'argent de toute façon».

Les rares citoyens présents ont soulevé des questions intéressantes. Un étudiant s'est étonné qu'Héritage Montréal prône la conservation et l'intégration d'une église dans le futur hôpital, n'y voyant, lui, que la trace d'un intérêt d'une autre génération. Aussi, une dame s'est inquiétée du nombre restreint de places de stationnement. Mais là-dessus, les responsables du CHUM n'avaient pas de réponse à donner, pas plus d'ailleurs que sur l'intervention de la présidente de l'Office de consultation, Louise Roy, qui voulait savoir si le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie permettrait un projet différent. Cela s'explique par le choix politique qui a été fait d'extraire la construction du CHUM du projet d'ensemble, soit le quartier de la santé. Le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoît Labonté, avait expliqué au début de l'automne qu'il présenterait le développement d'une technopôle adjacente à l'hôpital de façon distincte.

Étonnamment, cet aspect du dossier sera discuté aujourd'hui dans un deuxième atelier de consultation publique. Or cette portion du projet n'est pas officiellement déposée. Le maire Labonté a commandé et reçu le détail de ce que pourrait être une future technopôle, mais d'autres intérêts s'activent à Montréal sur cette question.