Processus d'embauche - Les professionnels de la Ville de Montréal ont perdu confiance en l'administration

En raison du favoritisme et du manque de rigueur des employeurs, une grande majorité des professionnels de la Ville de Montréal n'aurait pas confiance dans le processus d'embauche et d'évaluation des postes. C'est ce que révélait un sondage SOM commandé par la Commission de la fonction publique de Montréal (CFPM), qui avait été effectué au printemps dernier. Après avoir dénoncé le silence absolu de la Ville devant ce constat, le Syndicat des professionnelles et des professionnels municipaux de Montréal (SPPMM) revient publiquement à la charge. «On ne comprend pas pourquoi c'est si peu important pour l'administration Tremblay que les citoyens ne soient pas toujours desservis par des professionnels de qualité», a déclaré Gisèle Jolin, présidente du SPPMM.

D'après le sondage, auquel ont répondu près de 700 professionnels de la Ville, soit 40 % du total, 61 % des personnes interrogées ne croient pas en l'égalité des chances, 55 % dénoncent un manque de transparence et 56 % estiment que les candidats sont choisis avant que le processus de comblement du poste ne soit enclenché. De plus, l'enquête souligne que 40 % des professionnels ne seraient pas portés à participer à un concours visant à combler un poste professionnel à la Ville de Montréal parce qu'ils n'ont pas confiance dans les méthodes actuelles.

Ce n'est pas la première fois que la Commission, qui a le mandat de vérifier le caractère impartial et équitable du processus d'embauche, remarque des lacunes à ce chapitre et fait des recommandations à la Ville pour résoudre le problème. En 2005, le rapport annuel de la CFPM faisait état d'un sondage similaire effectué auprès des cadres et qui était parvenu sensiblement aux mêmes conclusions. Plus de la moitié des répondants croyaient que les nominations étaient teintées de favoritisme bureaucratique et politique et 40 % doutaient de la transparence, de l'équité et de l'impartialité du processus de dotation.

Pour justifier le fait d'avoir attendu six mois après la publication du plus récent sondage avant de réagir publiquement, Mme Jolin explique que son syndicat serait intervenu à maintes reprises auprès des conseillers en ressources humaines des différents arrondissements. «Toutes les recommandations de la Commission sont allées à la poubelle», croit-elle.

Du côté de la Ville, le directeur des relations professionnelles, Jean-Yves Hinse, dit être au fait de la situation. «On est à la veille de commencer les négociations concernant la Convention collective des professionnels et on va s'y pencher», indique-t-il en se disant étonné que le Syndicat des professionnels n'ait pas déposé de grief à ce sujet. Selon lui, comme la Convention des professionnels prévoit que c'est la compétence qui doit primer comme critère d'embauche, il y aura toujours des mécontents. «Le groupe des professionnels de la Ville regorge de talents. Une personne qui n'est pas choisie lors du processus d'embauche peut croire qu'on la juge incompétente. Or ce n'est pas le cas», assure-t-il.

En vertu de la charte de la Ville, il est désormais prévu que la dotation des postes soit faite par les arrondissements. Une décentralisation de compétence que la présidente du SPPMM souhaite voir renversée. «Au moment où l'on se parle, je ne pense pas que le maire Tremblay soit enclin à aller Québec pour faire des changement à la charte. On va traiter au cas par cas et on essaiera de trouver les meilleures solutions. Mais il y aura toujours des insatisfaits», conclut M. Hinse.