Le dossier controversé de L'Île-Dorval se réglerait à l'amiable

Le dossier controversé de l'achat de L'Île-Dorval par les 75 propriétaires de chalets fera l'objet d'un règlement à l'amiable. Le ministre des Affaires municipales, André Boisclair, a affirmé hier être en mesure de trancher la question sous peu.

«Je suis à la veille d'un règlement. C'est une question de semaines, si ce n'est pas une question de jours. [...] Ce sera un règlement à l'amiable, ce qui sera certainement bien meilleur que n'importe quel jugement», a-t-il soutenu hier matin à la sortie d'une conférence mondiale sur le financement de l'eau, tenue à Montréal.

En mars dernier, le ministre Boisclair avait mandaté les procureurs de son ministère pour qu'ils étudient le dossier de L'Île-Dorval. À l'époque, il s'était interrogé sur la façon de faire de ces résidants vraisemblablement peu préoccupés de l'intérêt public. Chose certaine, aucune sanction n'est prévue par la loi pour invalider une telle vente.

Le geste du ministre découlait des révélations faites quelques semaines auparavant par Le Devoir. Les villégiateurs de L'Île-Dorval ont versé 25 000 $ pour acheter ce bien public (d'une valeur foncière de 664 491 $) qu'ils avaient transformé en copropriété privée. La transaction avait eu lieu sans l'autorisation pourtant obligatoire du gouvernement et à trois jours de la fusion de cette toute petite municipalité avec Montréal.

Parmi les résidants, on retrouve notamment Peter Yeomans, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, ainsi que Bernard Flynn, juge à la Cour supérieure. Ce dernier avait d'ailleurs émis des commentaires au Devoir qui lui valent aujourd'hui une enquête de la part du Conseil canadien de la magistrature. L'examen public du dossier du juge Flynn se fera lundi prochain et pourrait entraîner la révocation du magistrat.