Impasse financière à la Ville de Montréal - Le gel des embauches est prolongé

Gérald Tremblay et Frank Zampino.
Photo: Jacques Nadeau Gérald Tremblay et Frank Zampino.

Anticipant une impasse financière pour 2007, l'administration Tremblay-Zampino a lancé en mai dernier une révision complète des activités de la Ville de Montréal. Pour aider à résoudre le casse-tête 2007, la Ville a mis un frein cette semaine aux nouvelles dépenses et reconduit le gel des embauches décrété en juillet.

Les cadres de la Ville de Montréal ne pourront procéder à de nouvelles embauches ou engager des dépenses qui ne sont pas déjà autorisées d'ici la fin de l'année budgétaire, en décembre.

La Ville de Montréal a en effet imposé mercredi un régime minceur à son administration en restreignant les embauches et certaines catégories de dépenses d'ici le 31 décembre. On espère ainsi dégager une marge de manoeuvre budgétaire pour équilibrer l'exercice financier de 2007, pour lequel on appréhendait en mai dernier une impasse budgétaire de 400 millions en mai dernier, qui semble cependant se résorber quelque peu depuis.

«L'effet combiné de ces deux mesures devrait nous permettre de générer un surplus plus important. J'aimerais aller générer un surplus supplémentaire d'ici la fin de l'année de 30 à 40 millions», a expliqué le président du comité exécutif, Frank Zampino.

Sans tenir compte de ces nouvelles restrictions budgétaires, la Ville s'achemine vers un très léger surplus de 5,7 millions au terme de l'année financière, selon des projections effectuées à partir des résultats observés en juillet. L'agglomération montréalaise devrait quant à elle fermer ses livres avec un surplus de 19,9 millions, qui ne tient cependant pas compte du déficit de 17 millions prévu à la Société de transport de Montréal (STM).

En mai dernier, le comité exécutif avait décrété un gel des embauches de deux mois, qui a été reconduit mercredi jusqu'à la fin de l'année. On renchérit en mettant un frein aux dépenses qui ne sont pas déjà autorisées, tels les honoraires professionnels, la formation, l'achat de biens durables, les programmes d'aide et de subvention, la publicité et même les nouveaux abonnements à des publications.

Les services de la Ville et les arrondissements devront donc demander une dérogation afin d'engager de telles dépenses ou de recourir à des embauches externes.

Le trou annoncé rétrécit

Le président du comité exécutif Frank Zampino espère que nouvelles mesures de «saine gestion», jumelées à la réorganisation qui résultera de la révision des programmes, permettront de combler le déficit anticipé de 400 millions annoncé en mai.

«Avec le travail qui s'est fait depuis, avec la revue des activités, on a commencé à réduire ce montant de façon importante, mais le défi est encore colossal avant d'être capable de présenter un budget équilibré», a précisé au Devoir M. Zampino.

Au cours des prochaines semaines, le comité qui planche sur la révision des activités proposera ses scénarios au comité exécutif. Il sera entre autres question de l'abandon ou de la «modification» de certaines activités. Le comité directeur qui planche sur la réorganisation débattra notamment de la possibilité de centraliser certaines activités qui ont été dévolues aux arrondissements au moment de la création de la nouvelle ville.

«Ces décisions vont nous permettre de comptabiliser les argents [sic] qu'on aura récupérés et de savoir si on a encore un défi important pour l'équilibre. [...] Mon objectif premier est toujours de présenter un budget équilibré, en espérant le faire sans devoir augmenter le fardeau fiscal global des contribuables», a poursuivi M. Zampino.