Québec ne veut pas du cadeau de la France

Québec — Pas facile d'offrir un cadeau à Québec pour son 400e... Trois semaines après l'annonce de Jean-Pierre Raffarin, la capitale et ses élus ne veulent plus d'un pavillon de la Francophonie à côté du Grand Théâtre.

«Des discussions sont en cours pour offrir un meilleur endroit, qui serait mieux reçu par la population», a confirmé hier le ministre responsable de la Capitale nationale, Michel Després, lors d'une conférence de presse au Grand Théâtre, à côté de l'emplacement en question. «Des discussions vont se poursuivre au cours des semaines à venir.»

Il y a trois semaines, l'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, qui préside le comité français des Fêtes de 2008, avait annoncé que l'Hexagone offrirait à Québec un pavillon de la Francophonie dans le parc du même nom, à quelques pas du parlement. M. Raffarin avait dit vouloir régler le dossier du cadeau de la France avant la fin de l'année afin d'éviter qu'il ne soit troublé par la tenue, en France, de l'élection présidentielle.

Or, cette semaine, la mairesse de Québec, Andrée P. Boucher, et la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, qui participent au Sommet de la Francophonie à Bucarest, ont toutes deux laissé entendre que le site, voire le concept même du pavillon, ne convenait pas.

La mairesse Boucher a évoqué le manque d'enthousiasme de la population ainsi que certains problèmes de zonage. Quant à la ministre Gagnon-Tremblay, elle a fait savoir que le gouvernement québécois craignait d'avoir à assumer les coûts de fonctionnement du pavillon après sa construction.

Ce revirement est d'autant plus étonnant que le choix du cadeau de la France avait été dévoilé au terme de longs échanges entre M. Raffarin, la mairesse et les deux ministres.

Enfin, ce n'est pas la première fois que le cadeau des Français pour 2008 soulève la controverse. L'ancien maire Jean-Paul L'Allier avait récolté son lot de critiques en 2003 lorsqu'il avait suggéré de faire construire un grand escalier reliant la haute et la basse-ville, à la hauteur du boulevard Dufferin-Montmorency.

Collaboratrice du Devoir