Aide sociale à Montréal - Les fonctionnaires municipaux ne veulent pas changer d'employeur

Une centaine de fonctionnaires municipaux ont protesté hier lors du conseil municipal contre la décision de l'administration Tremblay de transférer les services d'aide sociale de Montréal vers la fonction publique québécoise.

«Cela va à l'encontre du discours du maire en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté», déplore la présidente du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal, Monique Côté.

Si la Ville ne dispense plus les services d'aide sociale, elle risque de ne pas être en mesure d'aider adéquatement les clientèles défavorisées, nombreuses sur son territoire, fait valoir Mme Côté. «On connaît la clientèle. On peut travailler à monter des projets en lien avec elle. L'aide sociale, c'est souvent la porte d'entrée vers d'autres services», plaide Mme Côté.

En juillet dernier, Montréal avait réclamé que Québec lui verse des sommes supplémentaires pour compenser les salaires plus élevés versés à ses quelque 850 fonctionnaires municipaux qui dispensent les services d'aide sociale, à défaut de quoi elle résilierait l'entente qui la lie à Québec jusqu'en 2009. Québec verse à Montréal une enveloppe équivalent au salaire qui serait octroyé à des employés de la fonction publique québécoise. Or, depuis le gel des salaires décrété par Québec en 2004, les employés municipaux sont mieux payés.

Devant le refus de Québec d'accorder les huit millions de déficit prévu d'ici à 2009, Montréal a décidé de retirer ses billes de la sécurité du revenu, un service qu'elle dispensait depuis les années 1930.

«Les Montréalais n'ont pas à payer deux fois pour un service public payé par l'État, une fois avec leurs impôts et une autre par les taxes», a fait valoir la responsable du Développement social à la Ville de Montréal, Marie-Andrée Beaudoin.

La présidente du syndicat estime cependant que Montréal exagère l'écart entre la subvention de Québec et les salaires versés, en ne tenant pas compte des sommes prévues pour l'équité salariale.

Mme Beaudoin a tenu à rassurer les employés de la Ville: «Nous avons la préoccupation de maintenir les conditions de travail.» Des discussions sont actuellement en cours entre Montréal et Québec quant au transfert des 850 employés, qui pourrait se faire «promptement», soit avant la fin de l'entente prévue pour mars 2009.