Rive-Sud - Les villes défusionnées veulent plus d'autonomie

Mécontents du fonctionnement de l'actuel conseil d'agglomération de Longueuil, les maires de Saint-Bruno, de Brossard et de Saint-Lambert ont décidé de revoir le modèle actuel, trop coûteux et trop complexe à gérer selon eux. Mais l'idée ne plaît pas au gouvernement du Québec, qui refuse d'entendre leurs doléances et demande plutôt aux maires d'essayer de faire fonctionner la structure qui existe déjà.

«Nous voulons proposer une décentralisation vers les municipalités de l'agglomération. Cela nous permettra de mieux gérer les services de proximité. Les services de police, de sécurité publique et de transports en commun seraient toujours gérés en commun», a expliqué hier le maire de Brossard, Jean-Marc Pelletier. En conférence de presse, lui et ses collègues ont également invité le maire de Longueuil, Claude Gladu, à se joindre à eux afin qu'ils proposent tous ensemble une nouvelle approche «décentralisée qui s'adapterait mieux à la réalité de leurs municipalités respectives».

Groupe de travail

Un groupe de travail sera donc mis sur pied d'ici deux semaines. Il devra notamment étudier la possibilité de mettre en place une municipalité régionale de comté (MRC) pour tout le territoire de la Rive-Sud. Pour cela, il pourrait s'inspirer de la «proposition Brossard», formulée par son maire, Jean-Marc Pelletier. Ce dernier voudrait réduire les dépenses d'agglomération par le transfert à chacune des cinq villes d'une série de services, tels que la gestion des réseaux artériels et des équipements d'intérêts collectifs. Cela permettrait une réduction d'environ 39 millions de dollars, selon M. Pelletier.

En fait, les élus des trois villes en ont carrément contre «le processus des défusions, qui a été bâclé, selon M. Pelletier. Maintenant, il faudrait que le gouvernement du Québec avoue qu'il s'est trompé». Avec leur initiative, les maires sont maintenant confiants d'arriver avec des propositions concrètes à temps pour l'adoption du budget 2007. Outre les élus, des représentants des administrations municipales et des citoyens pourraient faire partie de ce groupe de travail.

Québec dit non

Mais l'idée de revoir le mode de fonctionnement de l'agglomération de Longueuil est loin de plaire au gouvernement du Québec. L'attaché de presse de la ministre des Affaires municipales, Jonathan Trudeau, a qualifié leur attitude de «déplorable». «Avant de créer un comité de travail, ils [les maires] devraient essayer de faire fonctionner la structure actuelle», a-t-il lancé. «Quel est leur objectif? Si c'est de faire des défusions complètes, le gouvernement a toujours été clair, même avant les référendums sur les défusions, que le principe du conseil d'agglomération en ferait partie», a ajouté M. Trudeau. Et pour Québec, pas question de créer un modèle de gestion semblable à celui des MRC.

Par ailleurs, malgré les récriminations des maires des cinq villes défusionnées de la Rive-Sud, le gouvernement provincial n'entend pas payer les intérêts qui continuent de grimper en raison de l'emprunt de plus de 175 millions de dollars contracté par les villes de l'agglomération de Longueuil pour fournir les services municipaux. Ces intérêts sont évalués à un million de dollars par mois, et ce, depuis le début de l'année.

Cet emprunt avait été rendu nécessaire parce que les villes n'avaient pas adopté leur budget. Le maire de Saint-Bruno, Claude Benjamin, celui de Brossard, Jean-Marc Pelletier, ainsi que le maire suppléant de Saint-Lambert, Philippe Brunet, ne s'étaient pas présentés à la réunion prévue lundi dernier pour adopter le budget de 240 millions de l'agglomération de Longueuil. Les villes de la Rive-Sud n'ont donc pas respecté l'ultimatum fixé par Québec pour l'adoption dudit budget. Ce rôle a donc été confié à la Commission municipale du Québec, qui a jusqu'au 28 juillet pour le faire.