Le marché Jean-Talon appartiendra aux piétons

Après de multiples rebondissements et une dernière tentative avortée de la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal (CGMPM) pour en changer le contenu, le projet de règlement rendant le marché Jean-Talon piéton la fin de semaine devait être approuvé hier soir par le conseil d'arrondissement de Rosemont-La Petite Patrie.

Les rues qui traversent le marché seront donc réservées aux piétons entre 11h et 17h les samedis et dimanches à compter du 15 juillet (pour cette année), jusqu'à la fête du Travail. Seuls les camions de livraison spécialement immatriculés pourront avoir accès au marché durant ces heures.

La piétonisation partielle du marché aura fait des vagues jusqu'à la fin. Hier encore, la CGMPM a relancé le maire de l'arrondissement, André Lavallée, pour qu'il amende le projet — ce qui a été refusé. La Corporation, qui représente 130 membres, voulait que la journée du samedi demeure libre d'accès aux voitures, de façon à faciliter les achats en grosse quantité. «Le dimanche est plus familial, tandis que le samedi est commercial», estime la présidente de la CGMPM, Liette Lauzon. Selon elle, «les ventes en gros peuvent représenter 65 % du total des ventes du samedi en période de récolte». La Corporation proposait que des cadets accompagnent les voitures des clients achetant plusieurs dizaines de kilos de produits.

«C'est une proposition qu'ils nous ont déjà faite en février», rétorque André Lavallée, qui parle d'un «baroud d'honneur». «Nous nous sommes déjà entendus sur une foule de points — l'aménagement de zones débarcadères sur les rues Casgrain et Henri-Julien, le nettoyage du marché, l'accès des camions de livraison, l'utilisation de chariots pour aider les clients... Le seul problème majeur restait la question du samedi», sur laquelle la Ville ne voulait pas céder. Selon M. Lavallée, le problème des acheteurs en gros peut être facilement résolu: ils n'ont qu'à venir avant 11h le matin.

Le feuilleton du marché a débuté il y a un an. L'arrondissement lançait alors son projet-pilote de piétonisation partielle, visant à accroître la sécurité des clients et à rendre la fréquentation du marché plus agréable et plus fluide la fin de semaine. Opposée à cette mesure, qui pourrait selon elle diminuer les ventes en gros, la CGMPM a obtenu une injonction suspendant le processus. Elle prétextait que son bail avec la Ville lui garantissait l'accès aux lieux en tout temps et que l'arrondissement n'avait pas le droit d'interdire l'accès aux véhicules des marchands. Une poursuite entreprise en Cour supérieure a toutefois donné raison à la Ville, ce qui a débloqué le dossier ces derniers jours. La CGMPM a décidé de porter cette décision en appel.