Pointe-aux-Trembles - Nicole Léger démissionne

Québec — Après l'élection complémentaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques le 10 avril prochain, qu'il a déclinée, le chef du Parti québécois, André Boisclair, aura une nouvelle occasion de se faire élire à l'Assemblée nationale, cette fois dans Pointe-aux-Trembles, circonscription bientôt laissée vacante par Nicole Léger.

La députée péquiste de Pointe-aux-Trembles depuis 1996, qui avait appuyé Pauline Marois lors de la course à la succession de Bernard Landry, a choisi de tirer sa révérence et de quitter la vie politique au plus tard le 1er juin.

Souverainiste convaincue et issue de l'aile gauche du parti, elle a fait part de sa décision, hier, en exhortant son chef, André Boisclair, à ne pas céder à la tentation d'édulcorer l'engagement de tenir un référendum sur la souveraineté, le plus tôt possible après la prise du pouvoir par le Parti québécois.

Quant à savoir si Pointe-aux-Trembles — une forteresse péquiste — pourrait constituer un siège intéressant pour son chef, Mme Léger refuse de se prononcer.

«Je souhaite qu'André Boisclair se présente dans la circonscription qu'il a le goût de représenter. C'est son choix à lui», s'est-elle contentée de dire, lors d'une conférence de presse.

M. Boisclair a fait savoir, hier, par voie de communiqué, qu'il rencontrerait le conseil exécutif de la circonscription au plus tôt, pour planifier la suite des choses.

Le premier ministre Jean Charest a réitéré son désir de voir M. Boisclair se présenter dans une circonscription, pour pouvoir siéger à l'Assemblée nationale.

«Ce serait une formidable occasion pour André Boisclair de s'informer [...] et d'être à jour dans ses dossiers», a affirmé Jean Charest, hier, de passage à Mirabel.

«Je ne sais pas pour quelle raison il ne veut pas venir à l'Assemblée nationale», a-t-il ajouté.

Le nouveau chef péquiste avait choisi de ne pas se porter candidat dans Sainte-Marie-Saint-Jacques — autre forteresse péquiste, où un scrutin sera tenu en avril — afin d'avoir tout son temps pour rebâtir le parti et le préparer aux prochaines élections générales.

Se disant «sereine», Mme Léger s'est refusée hier à prendre ses distances de M. Boisclair ou à critiquer son leadership. «Je trouve qu'il fait bien ça», a-t-elle répondu, sur un ton neutre, lorsque les journalistes ont cherché à savoir son opinion sur le type de direction prôné par M. Boisclair.

«Il arrive. Il a à placer ses choses», a-t-elle ajouté à propos de son chef élu le 15 novembre.

Lorsqu'elle a parlé de ses modèles en politique, elle a nommé la chef de l'opposition, Louise Harel, et surtout la députée de Taillon, Pauline Marois, à qui elle voue une admiration sans bornes.

Âgée de 50 ans, Mme Léger, qui est porte-parole de l'opposition en matière d'habitation, a été peu loquace sur ses projets, si ce n'est celui de convoler en justes noces avec son amoureux, présent à la conférence de presse.

Cette enseignante avait été élue députée du Parti québécois, lors d'une élection complémentaire, en 1996, dans cette circonscription de l'est de l'île de Montréal, où elle a été réélue en 1998 et en 2003.

Mme Léger a été ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance, de 1998 à 2001, puis ministre déléguée à la Lutte contre la pauvreté et l'exclusion de 2001 à 2003.

C'est la fille de Marcel Léger, un pionnier du mouvement souverainiste, qui faisait partie de la première vague de députés élus sous la bannière du PQ en 1970. Il représentait Lafontaine, qui recoupe une partie de la circonscription représentée aujourd'hui par sa fille, qui a pour frère le sondeur Jean-Marc Léger.

«La politique, je l'ai dans le sang. J'adore la politique», a-t-elle soutenu, même si elle juge l'heure venue de tourner la page.

Elle a dit souhaiter que davantage de femmes s'engagent en politique active.