Riposte à la loi spéciale 142 - La CSQ envisage des recours légaux contre des ministres

Coincée par une loi spéciale «aux dents de requin très acérées», la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a promis, en guise de riposte, des actions ciblées «légales» dirigées contre les ministres du gouvernement Charest, en même temps qu'elle évalue la possibilité de recourir à des tribunaux, tels le Bureau international du travail ou encore l'ONU, pour pointer les failles de la loi 142.

Le président de la CSQ, Réjean Parent, a indiqué hier, lors d'un point de presse à saveur de bilan annuel, que les syndiqués n'allaient pas rester cois devant «la tombée de rideau dramatique» que constitue l'avènement de la loi 142 quelques jours avant Noël. Cette loi a mis abruptement fin au processus de négociation entrepris depuis plusieurs mois par les syndicats et le gouvernement.

«Considérant que le gouvernement a usé de moyens extraordinaires pour mettre fin à une négo qui ne mettait aucunement l'ordre public en péril, nous aurons recours à tous les moyens juridiques nécessaires», a affirmé M. Parent, qui représente 172 000 membres, dont 125 000 dans le secteur public, majoritairement en éducation.

«La commande est donnée» au contentieux de la CSQ d'envisager sérieusement des recours devant le Bureau international du travail ou encore l'ONU.

«Un sommet»

La loi 142, «qui atteint le sommet dans le raffinement de l'art de la répression», limite énormément les syndicats dans le choix des représailles. «C'est une loi aux dents de requin très acérées», note M. Parent. Un premier examen laisserait croire en effet aux avocats de la CSQ que le seul port d'un chandail coloré portant le logo de la Centrale par les employés d'une école pourrait être passible de sanction.

La CSQ choisit d'ailleurs de travailler dans un cadre «légal», qui ne mettra pas l'organisation syndicale en péril financier. Lors de son prochain conseil général de négociation, à la mi-janvier, elle compte ficeler un plan d'action qui comprendra vraisemblablement des «actions ciblées, qui seront prises en dehors du temps de travail».

«Notre première cible, c'est sûr que ça va être les ministres de ce gouvernement, parce que ce sont eux qui ont fait adopter cette loi», a indiqué M. Parent, qui lie cette stratégie à une «bataille de longue haleine».

Non contente de lutter contre la loi 142, la CSQ refuse en outre le «faux semblant de démocratie» lié au gouvernement Charest. La Centrale annonce d'ailleurs qu'elle pourrait «revisiter» sa participation à des comités et organismes gouvernementaux auxquels elle siège en guise de protestation.

Le syndicat évalue à une centaine ses participations à divers conseils d'administration, tels ceux de la Régie des rentes, de la Commission des partenaires du marché de travail ou du Conseil consultatif du travail et de la main-d'oeuvre, a noté M. Parent.

Belle occasion de se taire

Appelé à réagir aux propos d'André Boisclair, qui affirmait peu avant Noël qu'il n'avait pas l'intention de rouvrir les conventions collectives advenant l'élection du Parti québécois à la tête du gouvernement, le président de la CSQ n'a pas mâché ses mots. «Comme me disait mon père lorsque j'étais jeune: "Mieux vaut se taire et paraître idiot que parler et l'être"», a-t-il affirmé, ajoutant que le chef nouvellement élu du PQ avait «manqué une belle occasion de se taire».

Sans s'étendre sur le sujet, Réjean Parent a toutefois souhaité qu'avec «l'expérience», le chef péquiste adoptera un discours «plus approprié dans les circonstances».

La Centrale des syndicats du Québec a en outre indiqué qu'elle songeait à mettre en marche l'idée d'états généraux du syndicalisme, à un moment «où l'unité syndicale est capitale». Les rapprochements amorcés à l'automne entre les grandes centrales sont d'ailleurs appelés à s'intensifier, a indiqué le président de la CSQ, qui croit que la nécessité de se «présenter en rangs serrés» est plus capitale que jamais.

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1 commentaire
  • FARID KODSI - Inscrit 5 janvier 2006 23 h 08

    La CSQ - une autre Centrale péquiste

    La majorité des membres du Parti québécois provient du milieu syndical, de l'éducation et des arts. La plupart d'entre eux sont des socialistes invétérés qui vivent aux dépens des contribuables. Les syndicats garnissent leur caisse au moyen des cotisations syndicales qui augmentent d'année en année pour payer les salaires et les voyages des chefs syndicaux. Quant aux professeurs et aux étudiants, ils retirent leur salaire, leur subvention et leur bourse des différents gouvernements. Ce sont donc des citoyens qui vivent à même nos impôts et qui réclament continuellement des subventions supplémentaires, des augmentations de salaire substantielles et de meilleures conditions de travail, sinon ils menacent de semer le trouble avec toutes sortes de moyens de pression (grève, manifestation, boycott). À présent, ils parlent de recours légaux, de quoi laisser indifférents bien des Québécois habitués depuis plus de trois décennies à ce genre de scénario devenu vieillot et futile.