Course à la direction du Parti québécois - St-André continuera de défendre le droit à la dissidence

Jean-Claude St-André
Photo: Jacques Nadeau Jean-Claude St-André

Le candidat à la direction du Parti québécois Jean-Claude St-André n'entend pas se rallier facilement si André Boisclair devient le chef le 15 novembre prochain. Soutenu par l'aile orthodoxe au sein du PQ, M. St-André n'en démord pas et entend poursuivre sa bataille afin que l'étapisme soit écarté.

«Je vais d'abord défendre ma conception des intérêts supérieurs du Québec. [...] J'ai mon franc-parler et je vais continuer à l'exercer parce que j'estime qu'en démocratie, les députés sont là pour s'exprimer selon leurs convictions et être porte-parole des électeurs et non pas d'un parti. Quoi qu'il arrive, le courant de pensée que je porte va continuer à vivre au sein du Parti québécois», a affirmé Jean-Claude St-André en rencontre éditoriale avec Le Devoir.

M. St-André prône d'ailleurs l'assouplissement de la ligne de parti, sinon son élimination complète. Pour lui, il y a de la place pour des remises en question, des critiques, de la dissidence, et ce, même si ses huit adversaires se disent tous en accord avec le programme adopté en juin dernier. Il s'agit d'une des forces du PQ dont devra tenir compte le prochain chef, a-t-il mentionné.

«Dans cette course, il ne s'agit pas de savoir qui interprète correctement le programme. Il s'agit de proposer aux membres des avenues qui vont nous permettre de réaliser l'indépendance. Que ça respecte ou non le programme, ça m'importe peu. Après tout, ce n'est pas une bible, et un parti politique, ce n'est pas une religion. À ce que je sache, on ne risque pas l'excommunication si on a une vision un peu différente des autres», a expliqué M. St-André.

Pour convaincre les péquistes, il continuera donc à se battre et à expliquer, quel que soit le choix qu'ils feront au terme de la course au leadership, que c'est par des gestes de rupture que le Québec accédera à son indépendance. Et qu'importe si cette position a mordu la poussière au congrès. Le débat est à refaire, croit celui qui est souvent étiqueté comme étant un pur et dur.

«Si c'est quelqu'un qui a des idées claires et qui a des opinions bien arrêtées sur certaines questions, bon, d'accord, je confesse», a laissé tomber M. St-André, sourire en coin.

Le candidat à la chefferie a ensuite réitéré cette idée selon laquelle il ne faut plus tomber dans l'attentisme. «C'est voué à l'échec d'avance. Il faut le dire à tous les souverainistes: penser qu'on va faire l'indépendance en respectant le cadre constitutionnel canadien, ça nous conduit tout droit à un mur. On ne respectera certainement pas un texte constitutionnel qu'aucun gouvernement n'a signé», a tranché M. St-André.

Quant à savoir s'il faut ressusciter la formule du partenariat avec le Canada pour la tenue d'un éventuel référendum, comme l'a évoqué le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, la semaine dernière, M. St-André estime que ce n'est pas nécessaire pour obtenir un OUI gagnant. Si cela devait s'imposer, «ce sera à mon corps défendant», a mentionné M. St-André. Au lendemain d'une victoire du OUI, il ne doute pas que le bon sens triomphera et que les deux parties verront l'intérêt de négocier.

«Le partenariat, c'est un faux débat qu'il faut éradiquer au sein de notre parti. C'est dans la nature même des États souverains d'établir des partenariats avec d'autres nations. [...] La question est davantage de savoir si le partenariat doit être un enjeu d'une campagne référendaire. Et c'est non», a soutenu Jean-Claude St-André.

Mais d'ici là, le Parti québécois fait face à d'autres défis, notamment celui de présenter des projets «audacieux et emballants» lors de la prochaine campagne électorale. Dans l'hypothèse qu'André Boisclair réussisse à se hisser à la tête du PQ, sa consommation de cocaïne alors qu'il était ministre ne risque-t-elle pas de devenir un boulet pour le parti? «Si j'étais un premier ministre en exercice et qu'on m'informait que l'un de mes ministres a posé un acte criminel, je le démettrais sur-le-champ. Est-ce clair?», a affirmé Jean-Claude St-André, qui reconnaît que «la question est inévitable» et que les journalistes ont toute la latitude nécessaire pour revenir à la charge dans cette affaire.