Les Cris ne menacent pas la Paix des braves, dit le grand chef Mukash

La Paix des braves n'est pas menacée, a fait savoir le nouveau grand chef de la nation crie Matthew Mukash, hier, dans une lettre au gouvernement du Québec.

Les informations qui ont circulé dans les médias et qui «laissaient entendre que les Cris envisageaient de ne pas respecter leur signature de l'entente étaient fausses», a déclaré hier au Devoir le porte-parole du Grand Conseil des Cris, Bill Namagoose. M. Mukash et le ministre délégué aux Affaires autochtones, M. Geoffrey Kelley, ont même publié un communiqué conjoint hier, pour dire que «les bonnes relations entre le gouvernement du Québec et la nation crie doivent être maintenues et que les ententes ratifiées par la nation crie et le Québec au cours des dernières années doivent être mises en oeuvre dans leur totalité».

Selon M. Namagoose, il faut distinguer le citoyen Mukash de l'élu. En tant qu'élu, il doit respecter les décisions passées, d'autant plus que la ratification de l'entente de la Paix des Braves s'est faite par un référendum où quelque 70 % des Cris ont voté par l'affirmative. Rappelons que cette entente détermine les rapports du gouvernement du Québec et des Cris dans le développement hydroélectrique conjoint des rivières du Nord. «Seul un référendum pourrait renverser cette décision», a fait remarquer M. Namagoose.

Depuis que l'information sur la prétendue «mise en danger» de la Paix des Braves a été diffusée, les opposants au développement hydroélectrique ont déployé de grands efforts de lobbying pour s'assurer que les Cris refusent la Paix des Braves, a raconté M. Namagoose au Devoir, hier. «Certains ont même tenté de nous convaincre de passer aux éoliennes!», a-t-il dit.

Le grand chef Mukash a sollicité une rencontre avec le ministre Kelly afin «d'échanger des points de vue sur une variété de sujets et pour des discussions sur des objectifs mutuels futurs», disait-on aussi de manière vague dans le communiqué. M. Mukash a été élu grand chef le 15 septembre dernier avec un programme qualifié de traditionaliste et contre Ted Moses, qui avait signé la Paix des Braves le 7 février 2002.