Course à la direction du Parti québécois - Legendre veut développer le chauffage géothermique

Richard Legendre, un des candidats dans la course à la chefferie du Parti québécois, estime que Québec doit rapidement lancer un programme national de chauffage géothermique avec la collaboration financière d'Hydro-Québec afin de réduire de façon importante la consommation d'électricité en hiver sans pour autant augmenter les rejets de gaz à effet de serre, ce que provoquerait un transfert vers le gaz naturel.

En entrevue au Devoir, M. Legendre a levé hier le voile sur sa vision du développement énergétique qu'il a élaborée récemment en collaboration avec un comité de spécialistes en vue du débat public de ce soir sur l'économie.

Si le Manitoba — la province qui a les plus bas tarifs d'électricité en Amérique du Nord — est capable de lancer un programme visant à installer 13 000 chauffages géothermiques, le Québec devrait pouvoir rapidement «passer la commande à Hydro-Québec de préparer un programme visant à équiper ici au moins 23 000 maisons en mode géothermique», explique Richard Legendre. Un tel programme coûterait autour de 320 millions, précise-t-il, soit 60 % seulement de ce qu'il en aurait coûté pour financer un projet perturbateur du climat comme le défunt projet du Suroît.

Mais le modèle proposé par Richard Legendre, en réalité, ne coûterait rien ou presque à Hydro-Québec qui agirait comme financier des projets résidentiels. Cependant, la société d'État serait remboursée, comme au Manitoba, en plus d'empocher le bénéfice de la revente à fort prix des mégawatts ainsi récupérés.

L'installation d'un chauffage géothermique réduit la facture d'électricité d'environ 50 %. Certains spécialistes prétendent même obtenir des rendements, en situation idéale, qui peuvent atteindre 65-70 %. Un système géothermique fonctionne sur le même principe que ces pompes à chaleur qui produisent de la chaleur en hiver et du froid en été. La différence vient du fait qu'un échangeur de chaleur géothermique exploite la chaleur du sous-sol terrestre et les eaux souterraines au lieu d'utiliser l'air ambiant à l'extérieur d'une maison. On comprend facilement que l'air ambiant, à -10 °C ou à -20 °C, contient beaucoup moins de chaleur que le sous-sol terrestre, lequel se maintient toute l'année autour de 4 °C, ce qui constitue un puits inépuisable de chaleur en hiver et de fraîcheur en été, d'où les rendements énergétiques beaucoup plus substantiels d'un chauffage-climatiseur en géothermie.

Pour Richard Legendre, Hydro-Québec financerait l'essentiel des installations en géothermie et retrouverait progressivement cet argent avec les économies réalisées, et ce, jusqu'au remboursement total de la dette. En somme, chaque participant au programme conserverait la même facture mais l'économie mensuelle constituerait son remboursement. Après quelques années, les 10 000 $ à 15 000 $ nécessaires à cette conversion seraient remboursés et le client empocherait alors ses économies sur une base régulière.

Le candidat à la chefferie défend aussi l'idée que le développement de l'éolien devrait servir prioritairement au développement des régions au lieu de filer en dehors du Québec pour l'essentiel, comme c'est le cas maintenant. Si les gens de la Gaspésie, dont il donne l'exemple, pouvaient bénéficier d'une part réservée au profit de coopératives ou d'institutions publiques locales, les gens qui devront vivre avec les éoliennes les accepteraient plus facilement. Pour l'instant, Hydro-Québec procède avec une rapidité qui empêche ces collectivités de s'organiser et de prendre la part qui devrait leur revenir dans ce développement dont les bénéfices ne s'annoncent pas très durables pour eux.