Landry s'estime le plus qualifié pour réussir la souveraineté

L'ancien chef du Parti québécois, Bernard Landry, croit qu'il demeure plus qualifié que tous les candidats à sa succession pour mener le Québec vers la souveraineté.

En entrevue exclusive à Radio-Canada, hier, M. Landry a dit s'appuyer sur les sondages publiés avant sa démission, il y a presque quatre mois. «Tous les sondages étaient dans le sens que j'étais le mieux placé pour y arriver. C'est vrai.»

Au printemps dernier, M. Landry était convaincu, sondages à l'appui, qu'il remporterait facilement une course au leadership. Selon lui, il s'est plutôt soumis à un vote de confiance uniquement pour éviter une dépense inutile d'un demi-million de dollars à son parti. Selon lui, des sondages internes lui donnaient plus d'appuis qu'à tous les candidats à sa succession réunis. Malgré tout, il a décidé de partir, après n'avoir obtenu que 76,2 % des appuis lors du vote de confiance. «On voit bien que c'est une décision sur le fil du rasoir, précise-t-il. J'aurais très bien pu rester, gagner la prochaine élection et faire la souveraineté. C'est vous dire le degré d'abnégation qui m'a animé quand j'ai décidé de partir.»

L'ancien chef refuse de désigner un élément particulier qui pourrait expliquer son résultat lors du vote de confiance. «Pour certains, c'est le facteur langue; pour d'autres, c'est l'élection référendaire; d'autres encore, un référendum sur la constitution. Et d'autres, pour les ambitions personnelles, ''on veut le virer pour que notre poulain prenne la place''.»

S'il refuse de prendre position dans la course actuelle à la direction, M. Landry estime toutefois que le prochain chef du PQ se comporterait en imposteur s'il renonçait à tenir un référendum sur la souveraineté dès l'élection du parti. Il croit aussi qu'il est moins complexe d'être premier ministre que de réaliser la souveraineté.

En outre, sans les nommer, il écorche les candidats considérés comme 'purs et durs', comme Jean-Claude Saint-André et Ghislain Lebel, qui souhaitent des gestes de rupture avec le Canada dès la prise du pouvoir. «Pourquoi ces gens-là veulent-ils des gestes de rupture? C'est un peu l'affaire de la cage à homards, explique M. Landry. On va faire l'élection, puis on va se mettre à faire des gestes de rupture qui vont nous précipiter dans une victoire référendaire. À mon avis, c'est le contraire qui se produirait.»