Après Pékin - Mission Québec se rend à Shanghai

Pékin — Malgré sa croissance économique spectaculaire, la Chine va demeurer encore quelque temps un pays sous-développé, croit le premier ministre du Québec, Jean Charest.

«On sent chez les Chinois une certaine prudence sur leur développement. On a senti cela chez tous nos interlocuteurs. Même s'ils quadruplent leur PIB [produit intérieur brut] d'ici 10 ou 15 ans, ce qui est leur objectif, ils vont encore être un pays en voie de développement, pas un pays développé», a déclaré M. Charest hier, à l'issue de la première partie de sa mission en Chine à la tête d'un groupe de quelque 150 Québécois.

M. Charest a relevé la volonté des autorités chinoises que ce pays poursuivre son développement accéléré au cours des prochaines années. Le ministre adjoint chinois de l'Économie, Yang Jiechi, a confié à M. Charest qu'il «était optimiste, car la présence accrue de la Chine dans l'économie mondiale sera une source de stabilité. Plus il y aura de croisements dans l'économie, plus il y aura d'interdépendance, moins il y aura de possibilité de conflit».

Parmi les problèmes auxquels la Chine aura à faire face, il y a celui de l'écart constant entre les villes riches et les campagnes qui demeurent très pauvres. L'équilibre entre le rural et l'urbain est une préoccupation, s'est fait dire M. Charest par le ministre chinois de l'Éducation, Zhou Ji. «Il nous a dit que sa priorité est l'éducation dans les milieux ruraux, où il y a des déséquilibres croissants.»

«Pour bien comprendre la Chine, il faut aller dans les campagnes. C'est trompeur d'aller seulement à [Pékin] et à Shanghai et d'avoir l'impression d'une grande richesse, alors qu'il y a des centaines de millions d'habitants pauvres dans les milieux ruraux», a soutenu M. Charest.

Satisfait

Le premier ministre du Québec s'est montré néanmoins satisfait du bilan à l'issue de la première partie de sa mission, qui s'est terminée hier dans la capitale chinoise.

Les principaux aspects positifs sont les accords intervenus entre la Chine et le Québec en matière d'éducation, accords par lesquels la collaboration et l'échange d'étudiants entre les deux réseaux universitaires va s'accroître.

De plus, des dizaines d'entrepreneurs québécois ont tissé des liens avec leurs homologues chinois. Enfin, Mission Québec aura contribué à faire connaître au Québec un pays promis à un développement spectaculaire, a fait valoir le premier ministre.

Le chef du gouvernement croit également que Mission Québec a su tirer profit des missions antérieures menées par le gouvernement québécois ou par Team Canada.

«Team Canada mettait l'accent sur la signature d'ententes et l'annonce d'emplois. Mais ces ententes sont souvent fragiles et n'ont pas toujours de suites. Nous, on a voulu structurer différemment et faire des annonces qui vont durer dans le temps», a dit M. Charest.

Ainsi, les ententes intervenues en matière d'éducation, qui sont allées de renouvellement en renouvellement depuis 1980, se sont révélées positives. «On a tiré des bonnes leçons et on a évité ces pièges-là dans la mission actuelle», a conclu le premier ministre.

Mission-Québec poursuivra ses travaux aujourd'hui en se rendant à Shanghai, dans le sud de la Chine, située plus de 1500 km au sud de la capitale Pékin.