Pierre Dubuc, candidat à la direction du Parti québécois - Le PQ doit s'allier aux syndicats

Pierre Dubuc
Photo: Jacques Nadeau Pierre Dubuc

Le mouvement syndical constitue la planche de salut pour la réélection du Parti québécois, les syndicats offrant une structure et une organisation bien rodées, estime Pierre Dubuc, l'un des neuf candidats à la direction du Parti québécois.

«Comment le Parti québécois pourrait faire autrement? C'est la principale force organisée au Québec. C'est aussi dans l'intérêt du mouvement syndical. [...] À chaque fois que le mouvement souverainiste et le mouvement syndical ont travaillé ensemble, ils ont été gagnants. Quand les deux ont été dissociés, les deux ont reculé», a expliqué hier M. Dubuc lors d'une rencontre éditoriale au Devoir.

Directeur de l'aut'journal, fondateur du club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre), Pierre Dubuc souhaite un virage à gauche au sein du PQ. Pour y parvenir, le PQ doit s'appuyer sur les syndicats et leurs ressources étendues dans chaque recoin du Québec. Les progressistes, que l'aspirant chef péquiste associe uniquement au milieu syndical et communautaire, doivent constater une véritable ouverture de la part du Parti québécois. Et qu'importe si le PQ se retrouve obligé de retourner l'ascenseur.

«Ça s'est fait dans les années 1970. Les principales lois progressistes qu'on a eues, la formule Rand, la loi anti-scab, sont venues à cause de cette unité-là. Effectivement, on espère qu'il y aura des lois progressistes. Regardez les sondages, les chefs syndicaux sont plus populaires que les politiciens», a soutenu M. Dubuc, qui a tout d'un représentant informel du monde syndical.

Ce dernier ne s'émeut guère qu'il y ait des souverainistes de droite qui puissent être effrayés par un tel changement, d'autant plus que les syndicalistes sont les grands absents de l'arène politique, a souligné Pierre Dubuc. «Aucun député de l'Assemblée nationale ne peut légitimement se réclamer du mouvement syndical. C'est extraordinaire: on a 40 % de syndiqués. Le Brésil a un président ouvrier. Cette image du PQ à gauche n'est pas vraie, comparativement aux années 1970», a-t-il rappelé.

À cette époque, le PQ pouvait compter sur les Robert Burns, Guy Chevrette et plus tard Robert Dean, tous issus du monde syndical. Il faut toutefois noté que le PQ est présidé depuis le printemps par Monique Richard, l'ancienne présidente de la CEQ. L'ancien président de la CSN, Marc Laviolette, qui siège au club politique SPQ Libre, pourrait briguer les suffrages lors d'un prochain scrutin général.

Pour l'instant, le recrutement dans le monde syndical se limite au SPQ Libre, soit quelque 500 membres. M. Dubuc déplore d'ailleurs que les organisations syndicales ne soient pas très «combattantes» sur la question nationale. «Ce serait souhaitable qu'elles s'impliquent davantage en politique», a déclaré M. Dubuc.

Depuis le référendum de 1995, où des syndicats avaient pris part à la table des Partenaires pour la souveraineté, ils se montrent aujourd'hui plus réticents à intervenir. Les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) ainsi que les cols bleus de Montréal (SCFP-FTQ) sont parmi les rares syndicats à avoir une tradition et des mandats d'engagement politique.

M. Dubuc, que les sondages effectués auprès de la population tendent à laisser dans la marge, ne ferme pas la porte à un mouvement d'appui en faveur d'un autre candidat dans la course. Le SPQ Libre se réunira sur la question en temps et lieu, en fonction de l'évolution de la campagne au leadership. D'ores et déjà, il semble acquis que M. Dubuc ne favoriserait pas André Boisclair ni Louis Bernard, qu'il associe à la vieille garde.