Garderies: Québec sera intraitable face à Ottawa

Québec — Le gouvernement du Québec n'a aucune intention de se plier à quelque norme pancanadienne que ce soit en matière de services de garde malgré la volonté d'Ottawa d'instaurer un réseau «national» de garderies, nouveau symbole de «l'édification de la nation canadienne», selon le premier ministre Paul Martin.

Le gouvernement Charest exige un droit de retrait avec pleine compensation financière, a affirmé hier le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier. «Là-dessus, on est non négociables, on est complètement inflexibles», a-t-il dit.

Le ministre Pelletier n'est aucunement surpris des propos qu'a tenus Paul Martin dans un discours devant ses hauts fonctionnaires à Gatineau mardi dernier, selon lesquels l'«approche pancanadienne d'apprentissage en bas âge [est] un projet d'édification de la nation aussi important que l'universalité des soins de santé». M. Pelletier estime que ce programme «national» est conforme à ce que M. Martin avait annoncé lors des dernières élections fédérales. «Il en fait un enjeu pour le gouvernement fédéral mais, pour nous, c'est clair qu'on veut préserver tel quel notre programme, d'une part, et, d'autre part, on n'acceptera pas de se soumettre à des conditions fixées par Ottawa», a souligné le ministre.

Après la pause estivale, les négociations entre les fonctionnaires du ministère de la Famille et du ministère fédéral du Développement social ont repris. Mais au cabinet de M. Pelletier, on a rappelé qu'il s'agit pour le Québec de convaincre Ottawa de la justesse de sa position. «Eux, ils essaient de nous faire des propositions qui, à notre avis, sont inacceptables», a indiqué le ministre.

En revanche, M. Pelletier n'a pas mis son optimisme au rancart. Il a signalé qu'il n'y avait pas d'urgence à parvenir à une entente puisque Ottawa a garanti le versement de la part du Québec des 700 millions qu'il consacre cette année à cette initiative, soit 165 millions. «Il n'y a pas de pénalité pour les citoyens du Québec. Alors, je dis: il n'y a pas d'urgence nationale non plus. Je n'ai pas l'intention de créer une situation d'urgence et de me mettre à genoux devant Ottawa», a expliqué M. Pelletier.

L'an dernier, en campagne électorale, Paul Martin avait promis d'allouer cinq milliards en cinq ans aux services de garde provinciaux en prenant pour modèle le réseau québécois. Le gouvernement du Québec s'attend à recevoir 1,25 milliard de cette manne.