Négociations avec les enseignants du primaire et du secondaire - Le compromis reste à définir

Au collégial, une enquête sur le fardeau des enseignants met le feu aux poudresLa négociation traîne en longueur, mais le résultat pourrait être enfin présenté ce matin aux enseignants réunis en conseil fédéral à Laval. Pendant que le réseau primaire et secondaire fait durer le suspense, les cégeps s'enflamment et promettent une négociation enlevée.

Feront-ils mentir l'adage? Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage... Les négociations se sont poursuivies hier entre les enseignants du primaire et du secondaire et le ministère de l'Éducation, sans toutefois que cette journée additionnelle d'échanges, bien qu'intensive, n'ait permis d'accoucher d'une entente de principe.

Les parties ont convenu vers 19h hier de faire relâche pour la nuit, afin que les représentants de la FSE-CSQ puissent consulter leur conseil de direction. Négociateurs patronaux et syndicaux se retrouveront ce matin à 7h30 dans l'espoir d'en arriver à une entente.

Le conseil fédéral de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), regroupant les 125 délégués des 45 syndicats membres de la FSE, qui devait commencer hier matin à Laval a été ajourné et reporté plutôt à ce matin. La présidente Johanne Fortier pourrait y présenter l'offre patronale, si les échanges portent fruit.

Après un lundi difficile côté négociations, la journée d'hier a redémarré tôt hier matin, alors que les deux parties ont repris la valse des discussions, cette fois en vis-à-vis, a confirmé hier le porte-parole de la FSE, Jean Laporte. «Les parties se refusent toutefois à tout commentaire sur le contenu des échanges», a-t-il ajouté du même souffle, la loi du silence prenant toujours le dessus pour ne pas nuire à cette négociation déjà laborieuse.

«Il y a eu de la progression, mais il reste encore des dossiers majeurs à discuter», affirmait en soirée le porte-parole du Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones (CPNCF), Jean-Pierre St-Gelais. Les échanges ont commencé à 10h hier, pour cesser en début d'après-midi et reprendre ensuite vers 16h30 jusqu'à l'ajournement en soirée.

Au collégial aussi, ça chauffe

Pendant que le secteur scolaire donne l'impression de faire du sur-place, la négociation entamée dans le réseau collégial a connu son lot de flammèches hier, alors que parties patronale et syndicale y sont allées de quelques accusations bien senties d'un côté à l'autre de la barrière.

«Mauvaise foi», «mépris du travail des enseignants», «arrogance, «déni total»: l'impression d'affrontement se dégageait nettement hier du communiqué émis par le cartel formé de la Fédération autonome du collégial (FAC) et de la Fédération des enseignants de cégeps (FEC-CSQ). Les syndicats en ont contre les dernières demandes du Comité patronal de négociation des collèges (CPNC), qui «font abstraction des besoins identifiés, se bornant à tenter d'imposer une vision de gestionnaire complètement déconnectée de la réalité de l'enseignement».

C'est une enquête produite par la partie patronale, précisément sur la question de la tâche des enseignants, qui a mis le feu aux poudres. Les résultats de cette exploration démontrent, aux dires de la présidente du CPNC, Nicole Tremblay, que «la charge individuelle de l'enseignant a beaucoup évolué au cours des dernières années».

Si la prestation de cours en classe, elle, n'a pas beaucoup changé, tout le reste de la tâche a évolué: préparation de programmes, évaluation, encadrement, etc. «C'est sûr que c'est un dossier assez frontal avec les enseignants, parce que nous n'avons pas la même interprétation de cette question», indique Mme Tremblay.

Les syndicats ont en effet réagi fortement au dépôt de cette enquête, mais surtout, au fait que si les demandes des enseignants consistent essentiellement à ajouter des ressources en enseignement, c'est plutôt ailleurs que la partie patronale propose de miser. «On nous a mis sur la table en juin l'ajout possible de 145 enseignants, mais c'était pour les volets de la tâche qui ne concernent pas la classe», déplore Mario Beauchemin, nouveau président de la FEC-CSQ. «Ça ne convient pas.»

Le cartel FAC-FEC promet d'emblée des moyens de pression dans les cégeps: grève du zèle, boycottage des activités politiques (conseils d'administration, commission des études), perturbations spontanées. Il s'engage aussi dès aujourd'hui dans une consultation de l'ensemble de ses 6000 membres afin de recueillir des mandats sur une banque de journées de grève rotative à exercer en novembre.

La recherche d'un mandat de grève générale illimitée est exclue. «On ne tombera pas dans ce piège, et risquer de se faire imposer une loi spéciale», explique M. Beauchemin.