Rentrée scolaire: appel à la raison

Chambly — Le premier ministre du Québec, Jean Charest, invite les centrales syndicales du secteur public et parapublic à ne pas prendre en otages les parents et les enfants, à quelques jours de l'adoption de moyens de pression plus lourds, notamment dans le milieu de l'éducation et des services de garde.

«Les parents et les enfants ne méritent pas qu'on fasse des moyens de pression», a lancé le premier ministre Charest. «On veut régler équitablement. On veut le faire aussi dans un esprit de collaboration. On demande aux centrales syndicales de ne pas tenir en otages ni les parents ni les enfants et de travailler aux tables de négociation, là où ça se passe», a plaidé le premier ministre.

Rentrée perturbée

M. Charest était de passage à Chambly et à Saint-Jean-sur-Richelieu hier, où il a effectué une visite d'usine, rencontré des maires, ainsi que la presse régionale. C'est dans ce cadre qu'il a été appelé à commenter la rentrée perturbée dans les centres de la petite enfance et les écoles.

«Il n'y a pas de raison de faire des moyens de pression alors qu'on est à la table de négociations. On devrait rester à la table et négocier, donner une chance à ceux qui sont mandatés de faire leur travail», a-t-il soutenu.

Le gouvernement, par la voie de la présidente du Conseil du trésor Monique Jérôme-Forget, a jusqu'ici lancé des appels à être «raisonnables» aux centrales syndicales. Encore une fois hier, le premier ministre Jean Charest a vanté l'offre gouvernementale aux syndiqués du secteur public et parapublic, martelant que le gouvernement du Québec n'avait pas les moyens d'offrir davantage.

«On est à 12,6 % [d'offres d'augmentations] incluant l'équité salariale, avec des moyens financiers très, très limités au Québec. La capacité des citoyens québécois de payer davantage est très, très limitée. Alors on dit les choses telles qu'elles sont», a-t-il justifié.

Les offres gouvernementales valent pour six ans. La ministre Jérôme-Forget a déjà indiqué que celles-ci ajoutaient une somme de 3,2 milliards à une masse salariale globale qui se chiffre déjà à quelque 27 milliards.

De leur côté, les organisations syndicales du secteur public et parapublic demandent 12,6 % sur trois ans, et ce sans compter l'équité salariale.