Couple Jean-Lafond: Le Québécois en remet

Ottawa — Des souverainistes «purs et durs» continuent de remettre en question le passé de la gouverneure générale désignée, Michaëlle Jean, et de son conjoint, Jean-Daniel Lafond.

Hier, le journal Le Québécois a attiré l'attention sur un livre dans lequel l'ancienne animatrice affirmait que «l'indépendance, ça ne se donne pas, ça se prend».

Dans La Manière nègre ou Aimé Césaire, chemin faisant: genèse d'un film, paru en 1993 aux éditions de l'Hexagone et qui se fonde sur le documentaire du même nom, M. Lafond s'affirme sans ambages en faveur de l'indépendance du Québec. «Alors, un Québec souverain? Un Québec indépendant? Oui, et j'applaudis des deux mains et je promets d'être de tous les défilés de toutes les Saint-Jean», écrivait le cinéaste dans le livre. «Un discours plus ou moins essoufflé sur le nationalisme québécois ne pourra plus faire illusion et masquer le véritable enjeu de l'indépendance qui est, non plus d'assurer la survie identitaire d'une société, mais bien d'assurer son affirmation et son accomplissement dans le monde contemporain», ajoutait Jean-Daniel Lafond.

Dans le film, on pouvait notamment voir des extraits d'une rencontre baptisée «Assemblée du Quai des brumes», à laquelle participait Mme Jean, le défunt poète Gérald Godin, un cofondateur du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), Yves Préfontaine, l'ex-felquiste Pierre Vallières, le romancier Dany Laferrière, la militante souverainiste Andrée Ferretti et le poète indépendantiste Paul Chamberland.

Au début de la scène, les invités portent, à l'initiative de M. Chamberland, un toast «à l'indépendance» et «aux indépendances», auquel Michaëlle Jean répond «au retour du poète» (Aimé Césaire) et «c'est fini, les petits peuples». Dans une scène subséquente, M. Vallières lance: «Non seulement la Martinique doit aller à l'indépendance, mais à la révolution, comme le Québec aussi». À cela, Mme Jean réplique: «Oui, l'indépendance, ça ne se donne pas, ça se prend.»

Il est difficile de se faire une idée du sens de ces propos, qui ont été tenus il y a plus de quatorze ans dans un contexte particulier, celui du tournage d'un film. Cela n'empêche pas Le Québécois de soutenir, dans un communiqué: «Il est maintenant clair que c'est le couple qui a longtemps entretenu des relations felquistes et indépendantistes, et pas seulement Jean-Daniel Lafond.»

Au cabinet du premier ministre Paul Martin, on continue de défendre la nomination de Michaëlle Jean.