Ghislain Lebel devient candidat officiel à la chefferie du PQ

Une surprise dans la course à la direction du Parti québécois (PQ): l'ancien député bloquiste Ghislain Lebel, qui avait annoncé sobrement son intention de briguer la succession de Bernard Landry, a réussi sans tambour ni trompette à récolter les 1000 signatures nécessaires pour être candidat officiel. Après les vérifications d'usage, il deviendra le quatrième prétendant officiellement en liste, après Louis Bernard, Richard Legendre et André Boisclair. Pauline Marois suivra demain.

Selon son équipe de campagne, M. Lebel a récolté plus de 1200 signatures dans 105 circonscriptions (au lieu du minimum de 40 obligatoires). Souvent présenté comme un pur et dur —«je ne suis ni pur et dur, ni impur et mou», a-t-il dit hier—, ou encore comme un «nationaliste orthodoxe», Ghislain Lebel est conscient de ses faibles chances de remporter la course à la chefferie, considérant l'avance actuelle de M. Boisclair et le nombre élevé de candidats. Mais il tient à la faire pour participer au débat d'idées. Il juge lui-même son succès à recueillir les signatures nécessaires comme étant «imprévu» et «surprenant» pour un «outsider» comme lui.

«C'est sûr que [je suis là] pour un combat d'idées» a-t-il dit lors du dépôt des appuis récoltés au siège social du PQ. Il ne veut pas «que la course [soit seulement] un concours de personnalité». Selon M. Lebel, une course à la chefferie est plutôt l'occasion « de mettre les dogmes sur la table» et de les remettre en question. «Ça fait 25 ans qu'on n'a pas eu à débattre de ces choses-là. Là, on a la chance de discuter de questions de fond et de principes.» À titre d'exemple de dossiers qu'il aimerait voir discuter au sein du PQ, il mentionne notamment la question de la place du privé dans le système de santé québécois.

Habitué des controverses, Ghislain Lebel affirme ne pas être dans la course «pour varloper les autres. Je suis là pour faire valoir des choses». Sur ses adversaires déclarés, il dit qu'il s'agit «de gens charmants et valables, sans exception. Mais ceux qui ont occupé des ministères n'ont jamais brisé de colliers pour faire avancer notre cause. Ils n'avaient peut-être pas les coudées franches», dit-il, mais selon lui, le PQ s'est «enfargé dans la gestion provincialiste et [a peut-être] oublié la base de son existence», la souveraineté.

Élection référendaire

À ce sujet, M. Lebel dit être contre l'idée d'une élection référendaire. Mais il faut agir rapidement, indique l'homme de 59 ans. «Arrêtons de consulter les sondages comme les Grecs consultaient les oracles, arrêtons d'attendre une pluie de conditions gagnantes. J'ai l'impression que notre cause stagne.»

Élu député du Bloc québécois dans Chambly en 1993, M. Lebel avait claqué la porte du parti en août 2002 pour terminer son mandat comme indépendant. Le geste faisait suite à la commotion qu'il avait causée dans le mouvement souverainiste en dénonçant haut et fort l'Approche commune, l'entente négociée avec les Innus (par Louis Bernard, d'ailleurs). M. Lebel avait à ce moment accusé Bernard Landry de «trahison», et il avait refusé de s'excuser, ce qui a mené à son expulsion-démission.

Natif de la Gaspésie, M. Lebel a exercé divers métiers avant de se tourner vers le droit et le notariat. Il milite au sein du mouvement souverainiste depuis l'époque du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) de Pierre Bourgault. L'ancien bloquiste ne s'est pas présenté aux dernières élections fédérales, préférant offrir son appui à un candidat... conservateur.