Aile parlementaire du Parti québécois - Louise Harel, chef intérimaire

Louise Harel assurera l’intérim, le temps que le Parti québécois se donne un nouveau chef.
Photo: Jacques Nadeau Louise Harel assurera l’intérim, le temps que le Parti québécois se donne un nouveau chef.

Québec — À peine désignée par ses pairs chef intérimaire de l'aile parlementaire du Parti québécois, Louise Harel a souligné l'importance pour les députés péquistes de retomber sur leurs pieds et d'être solidaires après le choc de la démission de Bernard Landry.

Après un caucus qui a duré deux heures en fin d'après-midi, les députés péquistes ont voulu donner l'impression d'unité en se présentant tous ensemble à la conférence de presse au cours de laquelle la présidente du caucus, Agnès Maltais, a annoncé leur choix. Les candidatures de deux autres députés furent considérées par ce «conclave»: celle du député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, le doyen de l'Assemblée nationale, et celle du député de Richelieu, Sylvain Simard.

«Le premier défi, c'est de dire à la population que nous sommes retombés sur nos pieds», a dit Louise Harel entourée de ses collègues somme toute guillerets. «L'autre défi, c'est d'être d'attaque à l'égard d'un gouvernement qui a terriblement déçu les gens.»

«La population va nous juger sur notre capacité de rester solidaires», a dit la chef de l'aile parlementaire, même si les députés péquistes, comme les autres membres du parti, devront choisir leur prochain chef. C'est une situation inédite, a signalé Mme Harel. En juin 1985, Guy Chevrette a été nommé chef de l'aile parlementaire après la démission de René Lévesque. Mais l'Assemblée nationale ne siégeait plus, et le congrès à la direction a eu lieu à la fin du mois de septembre.

Au cours de ce caucus, les députés ont discuté de la délicate question de savoir quand aura lieu la course à la direction du parti, à l'automne ou plus tard au printemps. Et Il n'y a pas d'unanimité.

Pauline Marois ne cache pas qu'elle veut une course à la direction à l'automne. Mais plusieurs députés, dont le député de Richelieu, Sylvain Simard, le député de Chicoutimi, Stéphane Bédard, ou le député de Johnson, Claude Boucher, soutiennent qu'il n'a pas d'urgence, que le parti, s'il attend au printemps, ne s'en portera que mieux.

C'est le conseil national exécutif du PQ qui doit décider quel sera l'échéancier de la course à la direction du parti ainsi que les autres modalités de cette élection, a rappelé Mme Harel. «Ce qui est certain pour nous, c'est que la course à la direction doit favoriser le recrutement de nouveaux membres», a-t-elle dit.

Pour s'appliquer, la décision de l'exécutif national doit être avalisée par une nouvelle instance, la Conférence des présidentes et présidents du parti, soit les présidents des circonscriptions et des régions ainsi que celui du Comité national des jeunes. Le conseil national exécutif doit se réunir à la fin de la semaine. Il est composé de 16 membres dont la nouvelle présidente, Monique Richard, et trois députés, le député de Gouin, Nicolas Girard, le député de Masson, Luc Thériault, et la députée de Prévost, Lucie Papineau.

Évidemment, l'échéancier n'est pas neutre pour les candidats. Une élection du chef à l'automne favorise Mme Marois, qui dispose d'une longueur d'avance sur les autres candidats. Elle est d'ailleurs la seule à s'être déclarée.

Une course au printemps 2006 pourrait permettre à Gilles Duceppe de mener une autre campagne électorale comme chef du Bloc québécois avant de se présenter pour prendre la tête du PQ.

«Il n'y a pas d'urgence», estime Stéphane Bédard. «On sait qu'il n'y aura pas de couronnement, donc les portes sont ouvertes.»

François Legault ne sait pas s'il se lancera dans la course. «Je suis en réflexion», a-t-il dit pour tout commentaire. Lui aussi est d'avis que la course à la direction du parti devrait avoir lieu au printemps 2006.

De son côté, Sylvain Simard a évoqué les sérieux problèmes financiers du PQ, alourdis d'ailleurs par le coût du dernier congrès national. En ayant davantage de temps, le parti pourrait attirer davantage de candidatures, recruter un plus grand nombre de membres et amasser davantage d'argent. «C'est la deuxième course à la direction en 25 ans. Donc, on peut très bien prendre notre temps», a avancé M. Simard.

Pour le député de Mercier, Daniel Turp, la question de savoir quand la course à la direction du PQ aura lieu est maintenant la plus importante à régler. Selon lui, le prochain chef du PQ doit être élu avant la prochaine élection. Il ne voit pas d'un bon oeil qu'une course à la direction du PQ se déroule en même temps que l'élection fédérale au printemps. Quand on lui a demandé si Gilles Duceppe, son ancien chef était plus utile à Ottawa qu'à Québec, l'ex-député bloquiste a répondu: «Vous avez un bon point. Je pense qu'il a dit ça lui-même. C'est un élément important de sa réflexion.»
1 commentaire
  • Gilles Dussault - Inscrit 7 juin 2005 08 h 11

    Bravo pour l'intérim

    Il faut vite en venir à l'essentiel: faire du Parti Québecois le parti des souverainistes avant tout autre chose. Dans l'immédiat la tâche à accomplir c'est de réaliser la souveraineté. Construire un modèle de société exigera une collaboration plus nuancée, une approche pluraliste où une multiplicité de tendances devront trouver place. Le défi est d'inventer ce processus qui permettra à la fois d'unifier tous les souverainistes dans un premier temps, puis permettra à toutes les tendances de jouer un rôle significatif.