Débat linguistique au Parti québécois - Beaulieu se défend de présenter un programme provincialiste

À quelques heures de plonger dans le débat linguistique lors du congrès du Parti québécois, le principal auteur de la proposition du club politique SPQ-libre sur la fréquentation obligatoire du cégep en français, Mario Beaulieu, se défend de présenter un programme provincialiste.

M. Beaulieu estime plutôt que la question de la langue est «un des puissants déterminants de l'appui à la souveraineté chez les Québécois de toutes origines». Il craint tout de même que les promoteurs, comme lui, du renforcement du français soient perçus comme étant xénophobes.

«C'est peut-être radical dans le sens qu'on va à la racine du problème. Mais il n'y a rien d'extrémiste dans ces mesures-là. Il faut reprendre ce débat, et pas seulement au PQ. Il faut réagir à l'anglicisation de la société. C'est une question d'attitude. Il faudrait que la majorité francophone cesse de parler en anglais dès qu'il y a quelqu'un d'origine étrangère, ce serait déjà un progrès», a souligné Mario Beaulieu au Devoir.

M. Beaulieu a ajouté que trop de compromis risquent de provoquer un recul. «Il faut décider ce que l'on veut. Si le français est la langue commune, toute personne vivant au Québec devrait savoir parler français. Tous les services publics sont donc en français. [...] On dirait que la stratégie de certains, c'est de ne pas toucher au dossier linguistique. C'est devenu un tabou. Il n'y a rien de strict dans les règles proposées», a-t-il affirmé.

Une mesure d'intégration

Le président du Comité national de la citoyenneté et l'intégration au PQ, Thomas Arbieto, adhère à la mise en place de balises pour l'enseignement du français au niveau collégial. «C'est une mesure d'intégration très importante pour les immigrants», a dit M. Arbieto, qui ne s'émeut guère des critiques qui fusent sur ce dossier.

De son côté, le président du Comité national des jeunes, Claude Villeneuve, précise dans une lettre envoyée au Devoir que «les questions de la langue, de l'identité et de la culture ont toujours occupé une place importante dans le projet souverainiste».

La Fédération des cégeps, qui s'oppose à la proposition de l'enseignement français, a fait parvenir mercredi à tous les députés une lettre pour les sensibiliser à sa position. La fédération estime qu'il s'agit d'une mesure contraire à la nature de l'enseignement supérieur. On note par ailleurs que le taux d'attraction du cégep français a connu une hausse de 6,6 % chez les allophones entre 1992 et 2003.
1 commentaire
  • Benoît Bélanger - Inscrit 3 juin 2005 11 h 04

    La distinction d'une société ne commence-t-elle pas à l'école?

    Ce "réflexe de colonisé" qui incite toujours les Québécois critiques des gestes posés en vue d'assurer une meilleure protection à notre langue est loin d'être disparu.
    M.Beaulieu mérite au contraire toutes nos félicitations pour son projet de franciser tous les CEGEP québécois.

    Ceux qui qualifient ce projet de "provincialiste" devraient porter alors pareille accusation envers tous les pays de cette planète qui structurent leurs écoles dans la langue nationale!

    Nos médias électroniques ne cessent de nous abreuver de plus en plus de la culture anglo-américaine. La qualité de la langue du bavardage dans ces mêmes médias dépérit d'année en année.

    Les entreprises québécoises continuent impunément à afficher des identités commerciales de moins en moins françaises comme on peut aisément le constater sur les enseignes et sur les véhicules commerciaux.

    Et il ne faudrait pas réagir? Les 52% de Québécois qui sont en faveur du souverainisme,comme l'indique le plus récent sondage, devraient trouver le projet Beaulieu tout à fait normal et légitime dans la situation ou se morfond la langue française chez nous aujourd'hui!