Centres de la petite enfance - La CSN déclenche la grève en invoquant l'équité salariale

Les CPE seront fermés aujourd’hui, lundi et mardi.
Photo: Jacques Nadeau Les CPE seront fermés aujourd’hui, lundi et mardi.

Rupture des négociations et grève dès aujourd'hui dans les centres de la petite enfance (CPE): la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente environ 7000 éducatrices, estime avoir été suffisamment patiente dans le dossier de l'équité salariale tandis que Québec a demandé aux éducatrices de ne pas prendre les parents en otage.

La présidente de la centrale syndicale, Claudette Carbonneau, juge qu'il est malheureux de recourir à la grève mais a rappelé que ce dossier est sur la table depuis 1996, estimant qu'il faut maintenant y trouver un règlement.

Règlement à rabais

«Les travailleuses ont été plus que patientes, a déclaré Mme Carbonneau. C'est extrêmement malheureux après plein de signaux positifs [au cours des négociations intensives des dernières semaines]. Malheureusement, le règlement visé par Québec est un règlement à rabais.»

Le syndicat réclamait une esquisse de règlement sur l'équité salariale et un échéancier pour le conclure afin de lever sa menace de trois jours de grève.

La dirigeante de la CSN a indiqué que l'écart est toujours important entre l'offre du gouvernement et les demandes de la centrale. «C'est un écart substantiel, tellement peu motivé, qui ne reflète pas la valeur du travail des éducatrices», a-t-elle ajouté.

La centrale syndicale estime qu'une éducatrice devrait toucher 21,78 $ l'heure au sommet de l'échelle alors que Québec offre 19,55 $ l'heure. Les éducatrices gagnent actuellement un maximum de 18,36 $ l'heure. Mme Carbonneau a souligné que la centrale avait déjà revu considérablement à la baisse ses demandes. «Il s'agit d'une vision comptable à des années-lumière de la valeur réelle des emplois», a martelé la présidente.

Enfin, Mme Carbonneau a invité la ministre, aussi titulaire de la Condition féminine, à «se porter à la défense de l'équité salariale», à éviter de se comporter «comme une gérante de Wal-Mart», à «renoncer au sentier de la guerre et à trouver un terrain d'entente». Elle a souligné que les éducatrices en garderie ont valeur de symbole dans le dossier de l'équité salariale, et ce, bien avant l'instauration de la loi sur l'équité.

Appel de la ministre

Pendant ce temps, à Québec, la ministre de la Famille, Carole Théberge, a demandé aux syndiquées d'être responsables et de ne pas prendre les parents en otage. Elle les exhorte à ne pas mettre leur menace à exécution.

La ministre a reconnu que les négociations étaient rompues entre les deux parties mais a dit estimer que l'offre gouvernementale est raisonnable.

Selon Mme Théberge, la partie syndicale devrait se rasseoir à la table de négociations plutôt que de prendre les parents en otage pendant trois jours.

Les CPE seront fermés aujourd'hui, lundi et mardi.

Outre l'équité salariale, les syndicats, le gouvernement et l'association représentant les CPE doivent également négocier les avantages sociaux tels les jours fériés et les vacances, qui seront harmonisés à l'échelle nationale plutôt que d'être négociées localement.

Avec la Presse canadienne