Amendements au projet de loi 57 - Les agents d'aide sociale deviennent des «accompagnateurs»

Québec — La ministre de l'Emploi et de la Sécurité sociale, Michelle Courchesne veut que les agents de l'aide sociale deviennent des «accompagnateurs» et consacrera 12 millions annuellement à un «programme d'aide et d'accompagnement social».

En vertu des amendements au projet de loi 57 que la ministre a déposés hier soir en commission parlementaire, le programme de primes à la participation, prévu dans le projet de loi, est remplacé par ce programme d'accompagnement. Environ 7000 à 8000 personnes aptes au travail seront soutenues par des organismes communautaires afin de favoriser leur participation active à la société. Le prestataire recevra un supplément de 130 $ par mois tandis que le groupe communautaire touchera 100 $ par mois pour des activités de 15 à 20 heures semaine, a précisé Mme Courchesne au cours d'un point de presse.

Dans son exposé, Mme Courchesne a reconnu que le projet de loi 57 avait suscité des débats et de la controverse. Le gouvernement va «humaniser» ses services en matière d'aide sociale et «mettre fin à la coercition et à la punition», a-t-elle dit. Aucune participation à des mesures ou programmes ne sera obligatoire. Plutôt que d'«inciter», voire de forcer, le gouvernement va «encourager» les prestataires à améliorer leur sort.

Toutefois, tel que prévu, les prestations d'aide sociale ne seront indexées qu'à moitié en 2005-2006, un débours de 14 millions, ce qui était contenu dans le plan de lutte à la pauvreté, a souligné la ministre. Elle souhaite cependant établir la pleine indexation des prestations dès l'an prochain.

La ministre a confirmé certains reculs que son prédécesseur, Claude Béchard, avait dû effectuer sous la pression. Ainsi, la clause «Tanguy», qui veut que la prestation des assistés sociaux qui habitent chez leur parents soit réduite de 100 $ par mois, est maintenue. Toutefois, la saisie d'une partie de la prestation d'aide sociale en cas de non-paiement de loyer est abandonnée.

Dans sa réaction préliminaire, le porte-parole de l'opposition officielle pour la solidarité sociale, Camille Bouchard, a perçu chez la ministre «un changement très manifeste de ton» et «une attention plus marquée à la notion de développement des personnes». L'opposition officielle, qui avait exigé en décembre dernier le retrait pur et simple du projet de loi 57, est maintenant prête à l'étudier au mérite.

Les différents groupes de défense des assistés sociaux se prononceront aujourd'hui sur la série d'amendements déposée par Mme Courchesne.

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