Éducation - Une entente est possible avant la fin des classes

Les négociateurs de l'éducation sont moins bavards qu'à l'habitude ces jours-ci, mais ce silence traduirait l'imminence d'un règlement, que plusieurs croient encore possible pour juin. Ainsi, la cadence des pourparlers s'est nettement accentuée au cours des derniers jours, et ce rythme devrait s'intensifier davantage au cours des deux prochaines semaines.

Réglera? Réglera pas? Les profs du primaire et certains enseignants du collégial pourraient avoir une nouvelle convention à se mettre sous la dent pour la prochaine rentrée scolaire si l'intensité des échanges des derniers jours est porteuse de résultats. «C'est un rythme qui accélère, c'est de plus en plus intensif», a confirmé Johanne Fortier, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), à laquelle 80 000 enseignants adhèrent. «On veut quand même quelque chose de satisfaisant, et on n'ira pas au rabais sous prétexte qu'on veut un règlement en juin.»

La politique du peu de commentaires régnait hier lors d'une tournée téléphonique visant à prendre le pouls de la négociation. «Il y a peu à dire», ont répondu la majorité des interlocuteurs. «On travaille très fort, on négocie, quoi! Comprenez ce que ça peut vouloir dire», a répliqué un des interlocuteurs liés aux échanges en cours, sans toutefois accepter d'intervenir publiquement.

Au comité patronal de négociation des commissions scolaires francophones (CPNCF), cette phase intensive est de bon augure. «Nous sommes vraiment en accéléré», a indiqué Jean-Pierre Saint-Gelais, porte-parole du CPNCF. Des rencontres en haut lieu politique, à cette «table exploratoire» qui ne souffle mot de ses tractations, ont lieu aujourd'hui, demain et la semaine prochaine, signe évident de la vitesse des échanges.

Les points de divergence ne sont pas tous aplanis pour autant, et la question des ressources additionnelles demandées à grands cris par les enseignants pour soulager des classes en difficulté semble être au coeur des échanges des derniers jours. Lundi, une rencontre a d'ailleurs permis des «échanges exploratoires» de part et d'autre, a indiqué Mme Fortier.

«Ça discute intensément, et tout le monde est en disponibilité intense», a ajouté hier la porte-parole de la CSQ, Marjolaine Perreault, ce qui se traduit par des coups de fil plus fréquents entre le président de la CSQ et la tête dirigeante du Conseil du trésor. «Disons que M. Parent et Mme Jérôme-Forget se parlent régulièrement et dès que c'est nécessaire.»

Cet élan du primaire-secondaire est accompagné par d'autres discussions, au secteur collégial cette fois. La mosaïque y est toutefois plus complexe puisque le bassin d'enseignants du cégep est divisé entre trois groupes syndicaux: la Fédération autonome du collégial (FAC), la Fédération des enseignants de collège (FEC-CSQ) et la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).

Alors que les deux premiers groupes, qui totalisent à eux deux le tiers des profs du collégial, mettent encore le cap sur un règlement printanier, le troisième, lié à la CSN, met plutôt le cap sur l'automne, respectant en cela la ligne directrice imposée par sa centrale, dont les employés de la santé baigneront dans la négociation plutôt à l'automne.

Le président de la FAC, Alain Dion, a toutefois laissé entendre hier que les échanges à la table de négociation n'allaient pas si bon train. «On est toujours en attente d'un dépôt», a-t-il indiqué. «On fait face à un blocage», a-t-il ajouté, précisant toutefois qu'on ne parlait pas d'impasse. «La partie patronale a reculé sur certaines avancées, il n'y a pas d'écoute, on n'avance pas.»

Du côté patronal, cette affirmation a fait réagir. «Il n'y a aucun blocage à la table», a répliqué Jean-Pierre Saint-Gelais. «On parle plutôt d'une solide dose de rigueur et de logique.» Alors que le syndicat souhaite voir des ressources être liées à une tâche alourdie pour les enseignants, la partie patronale voudrait d'abord que ladite tâche des profs soit définie par une entente qui n'a pas encore été conclue de manière officielle par les deux parties.