Théberge maintient qu'il faut revoir la gestion des CPE

Québec — La ministre de la Famille, Carole Théberge, n'entend pas se laisser démonter par les accusations de «dénigrement» des centres de la petite enfance (CPE) et de «coulage d'informations» proférées par l'opposition.

Elle a assuré hier qu'elle entendait garder le cap et présenter à l'automne sa réforme de la loi sur les CPE, qui inclura une reddition de compte plus serrée des services de garde et un meilleur encadrement de leur gestion.

Il n'est pas pour autant question de «mainmise» du gouvernement sur les garderies publiques, a-t-elle dit lors d'un point de presse.

Informations confidentielles

L'opposition péquiste a accusé la ministre hier d'avoir orchestré une fuite préjudiciable aux garderies. Elle aurait eu le tort, selon le député de Chicoutimi, Stéphane Bédard, de divulguer à un média des informations confidentielles.

Le reportage en question, diffusé lundi à Radio-Canada, faisait état d'une enquête du ministère des Finances démontrant qu'une vingtaine de directrices de CPE, dont certains déficitaires, recevraient un salaire annuel de 100 000 $.

Questionnée à l'Assemblée nationale, la ministre Théberge a répété à plusieurs reprises qu'elle n'avait pas planifié la fuite et qu'aucune enquête ne serait menée à la suite de cet incident.

Mauvaise gestion

La semaine dernière, la ministre Théberge avait lié les problèmes financiers des garderies — 40 % accusent un déficit d'exploitation — à une mauvaise gestion.

Ses affirmations avaient soulevé un tollé dans les rangs de l'opposition et les services de garde, qui ont plutôt montré du doigt les compressions budgétaires imposées par le gouvernement Charest.

Durant la période de questions, le député Bédard, tenant pour acquis que la fuite devait provenir du gouvernement, s'est insurgé de voir que des informations confidentielles sur les garderies publiques et leur administration avaient été divulguées.

Selon lui, cette initiative n'est qu'un volet d'une vaste campagne de dénigrement des CPE, une création du gouvernement précédent.

«Qui a orchestré cette campagne de dénigrement? Qui, dans votre ministère, a coulé cette information? Qui, dans votre cabinet, a coulé cette information dont vous êtes la seule dépositaire? Est-ce que vous allez ordonner une enquête?», a-t-il demandé à répétition hier.

La ministre a répliqué que le mode de gestion privilégié par le gouvernement péquiste «aurait pu mettre le réseau en péril».

«Personne dans mon ministère n'avait le mandat, ni n'a coulé de l'information», a-t-elle assuré.