Le premier budget Audet - Les revenus seront insuffisants, selon Landry

Québec — À la veille de déposer son premier budget, le ministre des Finances, Michel Audet, doit composer avec une situation où la hausse des revenus de l'État ne couvrira pas l'augmentation normale des dépenses à moins de liquider des éléments d'actif ou de hausser des tarifs.

C'est du moins la lecture que fait l'opposition officielle des difficultés financières qui assaillent le gouvernement Charest. «Ils ont dit n'importe quoi pour gagner les élections», a déploré hier Bernard Landry. Le chef de l'opposition officielle et le porte-parole pour les finances, François Legault, livraient leurs attentes sur le budget que M. Audet déposera demain. «Ils ont trompé le peuple», a ajouté M. Landry.

Dans leur programme électoral, les libéraux de Jean Charest ont promis pour l'année 2005-06 une baisse d'impôt de un milliard, 1,5 milliard de plus en santé et 428 millions de plus en éducation, a rappelé le chef péquiste. Mais à la place, l'État n'encaissera que un milliard de plus en revenus, si on tient compte du coût des nouvelles mesures fiscales déjà annoncées, et il fera face à une croissance des «coûts de système» de 1,7 milliard, soit un milliard pour la santé, 400 millions pour l'éducation et 300 millions pour les autres ministères, a expliqué M. Legault.

Au cours des deux dernières années, le gouvernement Charest a haussé les tarifs d'électricité et les frais de garde, notamment. Il a aussi vendu certains éléments d'actif, a rappelé M. Legault.

Le déséquilibre fiscal se manifeste: les dépenses du Québec, comme celles des autres provinces, augmentent plus rapidement que ses revenus. «Il y a un grand soulagement à Ottawa de voir que Séguin n'est plus là. Quand il était à la Chambre de commerce, il n'admettait pas véritablement le déséquilibre fiscal», a dit M. Landry. M. Audet «était prédestiné à faire un mauvais combattant».

De son côté, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, estime que le gouvernement Charest n'a rien fait en deux ans pour moderniser l'État, alléger les structures et faire des économies. «N'ayant pas fait leur devoir, ils sont pris à la gorge» et ils n'ont pas les marges de manoeuvre nécessaires pour remplir leurs promesses de baisses d'impôt, a avancé M. Dumont. À la place, ils ont haussé les tarifs. «Le taux d'imposition n'a pas augmenté sous le régime libéral. Mais le portefeuille des gens de la classe moyenne s'est aminci par des augmentations de tarifs de toutes sortes», a fait observer le chef adéquiste.