Offensive provinciale pour hausser le financement au post-secondaire

Québec — Le premier ministre du Québec Jean Charest entend profiter des prochaines élections fédérales pour obtenir de nouveaux gains pour les provinces. S'inspirant de l'entente sur la santé, le Conseil de la fédération prépare une offensive pour obtenir une hausse du financement de l'enseignement post-secondaire.

«Il y a déjà du travail de fait pour que le Conseil de la fédération frappe sur ce clou parce que le fédéral a fait des compressions dans les années 90 et n'a pas rétabli le financement. On s'attend à ce que les partis fédéraux se prononcent là-dessus», a dit M. Charest lors d'un point de presse samedi après-midi à la clôture d'un colloque régional des libéraux de la capitale.

Préférant attendre l'annonce officielle de la tenue d'élections, le premier ministre n'a toutefois pas encore sollicité ses homologues provinciaux pour exercer davantage de pression. «Mais s'il devait y avoir des élections et, si le Conseil ne le fait pas, nous, on va vouloir connaître la position des partis sur des enjeux qui touchent l'avenir du Québec», a-t-il assuré.

M. Charest a refusé d'indiquer si la présence d'un parti reconnaissant l'existence du déséquilibre fiscal avantagerait le Québec dans les négociations avec le fédéral. C'est aux Québécois et autres Canadiens de choisir, estime-t-il.

«Notre approche n'est pas conditionnelle à la présence d'un parti ou d'un autre. Sur la question du déséquilibre fiscal, il y a trois partis sur quatre qui reconnaissent le déséquilibre fiscal, malheureusement, le Parti libéral du Canada ne le reconnaît pas.»

Et peu importe qui dirigera le prochain gouvernement, le déséquilibre fiscal demeurera un «enjeu incontournable», aux yeux de Jean Charest. Il compte d'ailleurs tirer profit du Conseil de la fédération pour obtenir un accord sur le sujet, à l'instar de l'entente sur la santé. D'autre part, le premier ministre a affirmé que des baisses d'impôts étaient toujours planifiées pour le budget qui sera déposé jeudi, malgré la grogne soulevée par certains groupes sociaux.

«Ça reste toujours dans les cartons pour une raison: ça nous permet de générer de la prospérité économique et de créer de l'emploi.»

Jean Charest s'est toutefois défendu de vouloir des baisses d'impôts à tout prix. «On n'est pas dogmatique là-dessus. Il faut le faire en tenant compte de notre capacité d'y arriver. L'objectif qu'on poursuit c'est de ramener [le niveau d'imposition des Québécois] à la moyenne canadienne.»

Sans laisser filtrer des éléments du prochain budget, M. Charest a répété que le gouvernement allait maintenir ses priorités, soit la santé et l'éducation.