Couillard doit encore faire ses preuves, dit Harel

Québec — Même s'il fait bonne figure dans les sondages, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, doit toujours faire ses preuves à la santé, selon l'opposition officielle.

La porte-parole en santé et députée péquiste de Hochelaga-Maisonneuve, Louise Harel, a dit hier qu'elle jugeait que les médias étaient trop indulgents envers M. Couillard, qui, selon elle, est loin d'avoir prouvé qu'il était le meilleur ministre de la Santé que le Québec ait connu.

«Il a encore à prouver, à faire la démonstration, qu'il sera le meilleur. La preuve n'est pas faite encore», a-t-elle dit, lors d'un point de presse.

Mme Harel rencontrait la presse à la suite d'une interpellation en Chambre, visant à faire le point sur les réalisations du gouvernement dans le domaine de la santé au cours des deux dernières années.

Selon elle, non seulement le gouvernement n'a pas rempli ses promesses du printemps 2003, mais il savait très bien que ses engagements étaient irréalistes. «Il y a le sentiment dans la population de s'être fait manipuler, d'avoir été trompée», a-t-elle ajouté.

Elle explique la bonne performance du ministre Couillard dans les sondages — certains le voient même à la tête du gouvernement — par le fait que la population apprécie de voir un élu s'exprimer avec franchise.

Par exemple, quand l'animateur de Tout le monde en parle, Guy A. Lepage, lui a demandé récemment si les choses allaient bien pour le gouvernement, il a répondu: «non».

«Il a un niveau de franchise que les Québécois apprécient. Mais cette franchise aurait dû aussi se manifester au cours de la campagne électorale, parce qu'il a quand même cautionné, avec la crédibilité qu'il avait, venant du milieu médical, des promesses libérales dont il veut maintenant se dégager parce qu'il les juge irréalistes», a fait valoir Mme Harel.

Pour sa part, le ministre Couillard s'est dit fier du chemin parcouru depuis deux ans, dans un contexte financier difficile. Le manque de ressources financières disponibles au moment de la prise du pouvoir a forcé le gouvernement à ralentir la cadence des réformes, selon lui.

En deux ans, «on a quand même réussi à investir 2,2 milliards en santé, ce qui est considérable», a-t-il fait remarquer, en point de presse, en disant que l'important avait été de bien cibler les investissements.

Par exemple, il a noté que les listes d'attente pour bon nombre de chirurgies, dans le cas des cataractes, notamment, avaient diminué.

«Le grand navire tourne enfin dans la bonne direction», selon lui.

Mais la députée Harel ne partage pas cet avis, rappelant que le nombre de patients en attente d'une chirurgie, et qui ont dépassé le délai d'attente jugé normal, était passé en deux ans de 35 000 à 43 429. Le ministre devra donc multiplier les pressions sur le Conseil du trésor et le ministère des Finances pour assurer le financement adéquat du réseau et des réformes entreprises, a ajouté Mme Harel.