Les étudiants passent le flambeau aux syndicats

Les manifestants étaient relativement peu nombreux en ce deuxième anniversaire de l’élection du gouvernement Charest.
Photo: Pascal Ratthé Les manifestants étaient relativement peu nombreux en ce deuxième anniversaire de l’élection du gouvernement Charest.

Le deuxième anniversaire de l'élection du gouvernement de Jean Charest a été souligné par des manifestations dans plusieurs régions ainsi qu'à Montréal et à Québec.

La mobilisation était cependant modeste, comparée à celle des étudiants ces dernières semaines ou au rassemblement organisé à pareille date l'an dernier.

À Montréal, «la fête» de Jean Charest a débuté par une manifestation de la Coalition de l'Association pour une solidarité étudiante élargie (CASSEE). Un millier d'étudiants, pour la plupart coiffés de chapeaux rouges, gracieuseté du Rassemblement des artistes très sensibilisés (RATS), ont marché dans les rues du centre-ville dans une atmosphère étrangement calme, pour aller rejoindre le rassemblement organisé par la Coalition J'ai jamais voté pour ça devant les bureaux de Jean Charest.

«Après six semaines et demie de grève, on est venus dire symboliquement qu'on passe le flambeau de la contestation contre le gouvernement. Même si la grève est finie, cela ne veut pas dire que nous sommes pour un gouvernement qui va vers la droite», a fait valoir Emmanuelle Bureau, une étudiante de l'UQAM qui recommençait ses cours hier.

Seulement quelques centaines de manifestants des milieux syndicaux et communautaires attendaient les ex-grévistes devant les bureaux du premier ministre. Le niveau de mobilisation ne déçoit cependant pas les organisateurs, qui rappellent que les syndicats préparent surtout leurs pancartes pour le 1er mai. «Même s'il n'y a pas beaucoup de monde, les syndicats se mobilisent depuis deux ans, l'éducation était mobilisée cette semaine. Oui, le mouvement syndical est prêt à reprendre le flambeau. Ça commence ce printemps et ça va continuer cet automne», a déclaré le porte-parole syndical de la Coalition, Michel Taylor.

Les gens sentent que le gouvernement commence à battre en retraite, notamment avec la manchette de La Presse d'hier voulant que celui-ci recule sur la question des baisses d'impôt et y aille plus doucement sur celle des compressions dans les services, a noté Denyse Lacelle, également porte-parole de la coalition pour les groupes communautaires. «Les gens ont moins le sentiment d'urgence, ils ont l'impression que les coups commencent à porter. Ils ont enregistré des succès sur le Suroît, l'aide financière aux étudiants, l'emplacement du CHUM... », a observé Mme Lacelle.

La perspective de baisses d'impôt, la privatisation de services publics, l'ouverture à des PPP dans la santé, le projet de loi sur l'aide sociale demeurent selon elle des chevaux de bataille encore d'actualité pour la coalition de groupes sociaux. Aux revendications syndicales de plusieurs manifestants s'ajoutait aussi la dénonciation des augmentations de tarifs, notamment ceux des garderies et de l'hydroélectricité.

À Québec, quelques centaines de personnes réunies sous l'égide du Réseau Vigilance se sont massées devant l'Assemblée nationale, apportant symboliquement une série de pots cassés à réparer de toute urgence.

Les modifications apportées au Code du travail, au droit d'association, à l'aide sociale, de même que l'introduction des partenariats public-privé (PPP) sont autant de mesures qui minent «les droits de la personne, en particulier le droit des femmes», a estimé la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin, qui prenait la parole devant les manifestants.

Opposé aux baisses d'impôt, le Réseau de vigilance exige notamment un investissement de 70 millions pour assurer la gratuité des médicaments prescrits aux démunis, de 44 millions pour abroger les compressions à l'aide sociale et de 14 millions pour indexer complètement les prestations d'aide sociale, rétroactivement au 1er janvier dernier.

À Sherbrooke, six étudiants ont été arrêtés au Collège de Sherbrooke en matinée. Dès 6h30, des étudiants avaient barricadé l'entrée du cégep, après que la direction eut fait fi d'un vote de levée de cours pour la journée de manifestation.

Avec la Presse canadienne