Le projet de loi créant le forestier en chef est déposé

Québec — Le Québec aura bientôt son forestier en chef, conformément au souhait formulé par la commission Coulombe sur l'avenir de la forêt.

Le principal mandat confié au forestier en chef consistera à superviser les opérations de calcul de la possibilité forestière, afin de s'assurer que les niveaux de récolte de bois autorisés chaque année ne dépassent pas la capacité de la forêt de se renouveler.

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, a déposé hier le projet de loi 94, qui prévoit la création du poste de forestier en chef, une des principales recommandations de la commission Coulombe.

Dans son rapport, remis en décembre, la commission indiquait que ce futur grand gestionnaire de la forêt québécoise devait avoir les coudées franches et faire partie d'une «entité administrative autonome» rattachée au ministère.

Cependant, le projet de loi est muet sur le degré d'autonomie et d'indépendance dont jouira le détenteur du poste par rapport au ministre et au gouvernement.

En Chambre, le ministre Corbeil a indiqué que ce projet de loi favorisait «l'application d'une gestion écosystémique intégrée et régionalisée de l'ensemble des activités s'exerçant dans les forêts du domaine de l'État».

La commission Coulombe avait fait le constat que nulle part au gouvernement on ne tenait compte actuellement des trois dimensions d'une gestion intégrée de la forêt: environnementale, économique et sociale.

«Or il apparaît que la gestion selon une telle perspective doit être encadrée de manière à assurer à l'instance responsable une grande indépendance vis-à-vis tous les acteurs du milieu forestier, de manière à maintenir une grande crédibilité», peut-on lire à la page 208 du rapport.

Le projet de loi précise par ailleurs que le forestier en chef sera nommé par le gouvernement — et non par l'Assemblée nationale — pour un mandat de cinq ans.

Il sera également chargé de transmettre au ministre un bilan quinquennal de l'état des forêts du Québec et de rendre public ce bilan.

La leader de l'opposition officielle, Diane Lemieux, a demandé au leader du gouvernement, Jacques Dupuis, la tenue d'une consultation sur ce projet de loi, mais ce dernier a refusé.

Sur le plan hiérarchique, le forestier en chef aura un statut de sous-ministre associé et relèvera du ministre des Ressources naturelles.