Les jeunes libéraux critiquent le bilan de leur gouvernement

Québec — Tandis que le premier ministre Jean Charest brossait un portrait flatteur des deux premières années de son gouvernement à l'Assemblée nationale, le président de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Simon Bégin, s'est montré critique en soulignant que le bilan «est ponctué de faux pas».

«Le faux pas qui nous a fait le plus mal, c'est toute la crise des prêts et bourses», a livré Simon Bégin au Devoir. «On est critiques face à ça. On a de la misère à comprendre comment notre parti, comment le gouvernement a pu penser à financer le système d'éducation avec un outil de justice comme l'aide financière aux études. C'est une grosse tâche qui nous empêche d'applaudir le bilan en éducation.»

Parmi les autres faux pas commis par le gouvernement Charest, le président de la Commission jeunesse du PLQ a cité la décision — révoquée — de financer à 100 % les écoles privées juives ainsi que la décision — abandonnée elle aussi — de construire la centrale au gaz du Suroît. «Le dossier des écoles juives, c'est aussi bête qu'un accident de voiture», a illustré M. Bégin. «C'est une chose qui est sortie d'on ne sait où, qui nous a frappés et qui nous a fait mal.»

Chose certaine, il n'est pas facile d'être jeune et libéral par les temps qui courent. «Être à la fois jeune et libéral, on a eu quelques difficultés à le concilier», a reconnu M. Bégin.

Ces «ratés majeurs» ne faisaient pas partie du programme libéral auquel le gouvernement doit revenir, a fait observer le président de la Commission jeunesse. Le gouvernement Charest doit investir en santé et en éducation, moderniser l'État et diminuer les impôts, comme le stipule le programme adopté par les membres. Le jeune libéral a toutefois prévenu que ces baisses d'impôt ne doivent pas se faire au détriment des services publics. «Il n'y a personne, de toute façon, qui veut qu'on fasse des baisses d'impôt à la Harris en coupant dans les services», a-t-il dit.

C'est en se recentrant sur le programme libéral que le gouvernement Charest «pourra remonter la pente» et contrer «la perception que certains tentent d'installer [selon laquelle] le gouvernement est complètement déconnecté de la population», a soutenu M. Bégin.

À l'Assemblée nationale, l'opposition officielle a présenté une motion exigeant que le gouvernement procède à une réorientation majeure de ses politiques, motion qui a évidemment été battue. Le premier ministre a profité du débat en Chambre pour livrer un bilan extrêmement positif de son gouvernement, notamment sur le plan économique, ce qui lui a valu les applaudissements des attachés de presse présents dans les gradins. Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a démoli ce portrait «jovialiste», contestant notamment le bilan économique présenté par Jean Charest.