Kyoto - Le Québec rejette le plan canadien

Québec — Le gouvernement du Québec rejette d'emblée le plan fédéral de réduction des gaz à effet de serre pour respecter l'accord de Kyoto.

Au cours d'un point de presse, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair, a dénoncé vigoureusement le plan fédéral sur Kyoto. «Le plan est inacceptable. Le Québec a consenti des dizaines de milliards de dollars de dépenses en hydroélectricité pour faire de nous les premiers en Amérique du Nord» pour ses basses émissions de gaz à effet de serre (GES), a souligné le ministre. Le Québec est la province qui produit le moins de GES par habitant «parce qu'on a fait les bons choix».

Le plan rendu public hier à Ottawa par le ministre fédéral de l'Environnement, Stéphane Dion, le ministre de l'Industrie, David Emerson, et le ministre des Ressources naturelles, John Efford, «est lourdement biaisé en faveur de l'Ouest canadien et c'est le Québec qui écope», a dit Mulcair. Déjà, le cadre fédéral d'application de Kyoto avait suscité une «vive déception» à Québec, a-t-il ajouté.

Le gouvernement Charest réclame qu'Ottawa compense le Québec pour les milliards qu'il a investis en hydroélectricité. «Le Québec ne lâchera pas le morceau. Le fédéral avait des milliards de dollars disponibles pour Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse pour quelque chose d'aussi polluant que le pétrole», a rappelé M. Mulcair.

«Il faut que le fédéral réalise que le Québec a déjà dépensé énormément pour réduire ses gaz à effet de serre et malheureusement, pour l'instant, on ne voit aucun signe à Ottawa qu'ils ont compris ça», a déploré le ministre.

Citant le rapport de la Régie de l'énergie sur l'avenir énergétique du Québec, M. Mulcair a décrit le «paradoxe québécois» qui fait en sorte que le Québec obtiendrait des crédits pour la réduction des GES si on y construisait une centrale au gaz comme celle du Suroît parce que le gaz naturel est plus propre que le charbon, un combustible utilisé pour produire de l'électricité dans certaines autres provinces comme l'Ontario. «On a fini par faire comprendre au fédéral que c'était un non-sens. C'est déjà un progrès», a-t-il dit, signalant toutefois que les références à l'hydroélectricité dans le plan fédéral «sont beaucoup trop minces».

Au mois de novembre dernier, M. Mulcair et M. Dion ont convenu qu'Ottawa et Québec négocient une entente bilatérale sur l'application de l'accord de Kyoto. Cet engagement est confirmé dans une lettre signée de la main du ministre fédéral, a signalé M. Mulcair. Il s'attend donc à ce que les négociations s'amorcent prochainement.

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