Scandale des commandites - Charest se dit ouvert à une modernisation des règles sur le financement des partis

Le premier ministre Jean Charest s'est dit «ouvert» à une modernisation de la Loi sur le financement des partis politiques au Québec.

En entrevue à l'émission Larocque et Auger, sur les ondes de TVA, M. Charest a ouvert la porte à un éventuel débat sur la loi adoptée dans les années 1970 alors que le Québec était gouverné par le Parti québécois dirigé par René Lévesque.

«La loi peut être revue, mais il existe une règle non écrite: cette révision doit être faite par consensus», a-t-il affirmé depuis Rome où il s'était rendu pour assister aux funérailles du pape Jean-Paul II.

«Cela ne se fait pas unilatéralement par un parti politique même si on a une majorité [de députés].»

Selon lui, le financement des partis politiques est un sujet «qui touche tout le monde». Pour cette raison, si «on vient à la conclusion qu'il faut moderniser la loi, on va le faire avec tout monde».

L'idée d'une révision de la loi interdisant aux sociétés et aux compagnies de donner de l'argent aux partis politiques et limitant les contributions personnelles occupe les esprits après que l'ancien président de Groupaction, Jean Brault, eut entre autres révélé, la semaine dernière, devant la commission Gomery, avoir versé 50 000 $ à au moins deux reprises au Parti québécois par l'entremise d'employés de son entreprise, des allégations réfutées par le parti.

M. Brault avait aussi affirmé avoir versé 50 000 $ au Parti libéral du Québec, en 1998, par l'intermédiaire du Groupe Everest, une firme concurrente.

M. Charest a de nouveau pris la défense de son parti, affirmant que celui-ci ne méritait pas d'être touché par tout ce scandale qui ébranle toute la classe politique. «Nous sommes très à l'aise parce qu'on a toujours fait les choses selon les règles de l'art», a-t-il dit.

Le premier ministre a ajouté qu'il a toujours demandé aux gens du Parti libéral de faire les choses correctement. «Je n'ai aucune raison de croire que mon parti est affecté par cette histoire.» Les libéraux provinciaux imiteront-ils le PQ qui a promis de rembourser ou de ne pas toucher «à l'argent sale»? Prudent, M. Charest refuse de se prononcer sur la question, refusant de commenter ce qu'il considère comme des hypothèses parce qu'il craint «d'accréditer les allégations».

«Il n'y a aucune preuve, a-t-il insisté. On surveille nos affaires de très près. Il n'y a rien qui nous indique que nous avons reçu de l'argent. On va faire tous les efforts pour s'assurer qu'on aille au fond des choses sur ce qui pourrait toucher directement ou indirectement le parti.»

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