Massé contredit Bouazzi, qui avait accusé Québec de faire diversion avec les propos d’Elghawaby

Manon Massé a décrit les propos de Mme Elghawaby comme du « Québec bashing ». Plutôt que de demander sa démission, QS a choisi de la rencontrer.
Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Manon Massé a décrit les propos de Mme Elghawaby comme du « Québec bashing ». Plutôt que de demander sa démission, QS a choisi de la rencontrer.

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, a contredit mercredi son collègue député Haroun Bouazzi, qui avait accusé le gouvernement Legault de faire diversion avec sa prise de position contre les propos d’une nouvelle émissaire d’Ottawa dans le dossier de l’islamophobie.

Mme Massé a toutefois estimé que M. Legault et son gouvernement avaient manqué de sensibilité en réclamant lundi la démission d’Amira Elghawaby, représentante spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie, au lendemain d’une commémoration de la tuerie de la mosquée de Québec, à laquelle le premier ministre n’a pas participé.

« Je ne pense pas que c’est une diversion, a-t-elle déclaré dans un point de presse. M. Legault a dit le fond de sa pensée, mais ce que je vous dis, c’est que ça manquait de sensibilité. »

Dans les minutes qui ont suivi, M. Bouazzi a publié sur les médias sociaux une déclaration pour dissiper toute apparence de contradiction au sein du caucus de QS.

« Je suis fier de faire partie d’un caucus cohérent qui commence par rencontrer des personnes avant de prendre les décisions, a-t-il écrit sur son fil Twitter. Je ne prends pas à la légère ni les erreurs de Mme Elghawaby ni la lutte à l’islamophobie. »

Commentant en 2019 un sondage sur l’attitude des Québécois à l’égard de l’islam, Amira Elghawaby a écrit que « la majorité des Québécois semblaient influencés non pas par la primauté du droit, mais par un sentiment antimusulman » qui se traduisait par un appui aux dispositions de la Loi sur la laïcité de l’État.

Dans son point de presse, mercredi, Mme Massé a décrit les propos de Mme Elghawaby comme du « Québec bashing ». Plutôt que de demander sa démission, QS a choisi de la rencontrer.

La formation politique a été la seule, mardi, à s’abstenir de voter une motion à l’Assemblée nationale qui demandait au gouvernement fédéral de mettre fin au mandat d’Amira Elghawaby à titre de représentante spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie.

« Le Québec bashing, ce n’est pas acceptable, a dit Mme Massé mercredi. On s’entend là-dessus, ce n’est absolument pas acceptable. On veut qu’elle retire ses paroles, on veut qu’elle se rétracte. »

Impression de malentendu

Mardi, M. Bouazzi avait fait une première déclaration sur les réseaux sociaux dans laquelle il avait accusé le gouvernement de faire diversion en se servant des propos de Mme Elghawaby.

« C’est la rentrée à l’Assemblée nationale et le gouvernement de la CAQ n’a pas de plan clair pour la transition énergétique juste, pour l’école publique, pour la crise dans nos hôpitaux ? Les stratèges de Legault : “Regardez ! Là ! Une femme qui porte un voile !” »

Questionné par Le Devoir, M. Bouazzi a affirmé que sa déclaration de mercredi visait à rectifier le tir après celle de mardi.

« J’ai eu l’impression qu’il y avait un malentendu, mais en fait, il n’y en avait aucun », a-t-il expliqué.

Autre tweet au PLQ

La députée libérale Jennifer Maccarone s’est également expliquée, mercredi, sur une déclaration qu’elle avait faite sur les réseaux sociaux au sujet de Mme Elghawaby.

« J’ai fait une erreur, et, pour ceci, je suis profondément déçue de moi-même », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse.

Dans une déclaration sur Twitter qu’elle a ensuite effacée, Mme Maccarone dénonçait lundi la décision du gouvernement de la Coalition avenir Québec de ne pas soutenir la nomination de Mme Elghawaby.

Mercredi matin, la députée a expliqué qu’elle se rangeait derrière la position du caucus et de son chef intérimaire, Marc Tanguay, qui a réclamé la démission de Mme Elghawaby.

« J’étais au courant, mais peut-être pas au courant en entier du dossier, a-t-elle expliqué. Ça fait que c’est pour ça que je prends ma part de responsabilité dans ça. On peut dire que c’était une erreur de communication, de procédure. »

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