Le modèle d’immigration québécois pourrait contribuer à la «montée des extrêmes», dit le PQ

« On est les seuls à chercher un modèle durable, de sorte que justement, on évite ce qu’on voit ailleurs dans le monde : la montée des extrêmes », a déclaré mercredi le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon.
Jacques Boissinot La Presse canadienne « On est les seuls à chercher un modèle durable, de sorte que justement, on évite ce qu’on voit ailleurs dans le monde : la montée des extrêmes », a déclaré mercredi le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon.

Le modèle d’immigration priorisé par le gouvernement de François Legault, tout comme ses cibles de 50 000 nouveaux arrivants par année, pourrait mener à long terme à une « montée des extrêmes », estime le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon.

C’est ce qu’a indiqué l’élu de Camille-Laurin mercredi, à l’orée du caucus présessionnel péquiste, à Québec. « On est les seuls à chercher un modèle durable, de sorte que justement, on évite ce qu’on voit ailleurs dans le monde : la montée des extrêmes », a-t-il indiqué lorsqu’interrogé sur ses positions vis-à-vis de l’immigration.

En campagne électorale, le PQ avait proposé d’abaisser les seuils d’immigration annuels à 35 000 personnes, soit 15 000 de moins que la cible actuelle, fixée par le gouvernement de la Coalition avenir Québec, et encore beaucoup moins que les cibles proposées par le Parti libéral et Québec solidaire. Selon « PSPP », il s’agit là d’un système d’immigration « plus rassurant » et « plus garant de notre paix sociale » que celui du gouvernement Legault, qui risque d’« exacerber des insatisfactions ».

« J’ai vécu au Danemark, j’ai vécu en Suède. Je regarde la Hongrie, la France, l’Angleterre. Si on fait l’erreur de ne pas trouver des modèles durables, ç’a des conséquences sur certaines parties de l’électorat, qui vont décider de prendre les choses d’une autre manière », a-t-il analysé.

« Si on compte l’immigration temporaire, la situation [au chemin] Roxham, qui est en progression, et les seuils actuels, on constate le déclin du français, l’incapacité à loger tout le monde et à offrir des services », a-t-il ajouté.

En pleine période électorale, en septembre dernier, le premier ministre Legault avait dû s’amender après avoir affirmé qu’il y avait des « défis » d’intégration au Québec parce que « les Québécois sont pacifiques, ils n’aiment pas la chicane, ils n’aiment pas les extrémistes, ils n’aiment pas la violence ».

« L’intégration sera toujours un défi pour une nation francophone en Amérique du Nord. Je n’ai pas voulu associer l’immigration à la violence », avait-il gazouillé pour s’excuser.

Plus tard dans la campagne, M. Legault avait aussi indiqué qu’accueillir plus de 50 000 immigrants serait « suicidaire » pour la protection du français au Québec. Cette semaine, sa ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, a dit en entrevue à TVA Nouvelles qu’elle entendait profiter de la venue prochaine du président américain, Joe Biden, au Canada pour demander la fermeture du passage frontalier non officiel du chemin Roxham.

Les consultations qui mèneront à une révision des seuils sur une période de quatre ans doivent avoir lieu cette année.

De nouveaux porte-parole

Le début du caucus du PQ a aussi permis à la formation politique de procéder à la nomination de 11 « porte-parole sectoriels », qui appuieront le caucus de trois députés à l’extérieur des activités parlementaires. « Ça permet d’élargir l’expertise puis les champs d’intervention », a dit M. St-Pierre Plamondon.

Lundi, le parti avait aussi procédé à la nomination de l’ex-député Méganne Perry Mélançon comme porte-parole nationale. Celle-ci pourra commenter les thèmes d’actualité au nom du PQ dans les médias, et ce, malgré son statut de non-élue.

La reprise des travaux parlementaires est prévue mardi prochain à l’Assemblée nationale, d’où l’accumulation des caucus cette semaine. Mercredi, PSPP s’est engagé à être « une opposition qui est constructive, mais qui demande également de la rigueur ». « Pour qu’on ne passe pas de balloune médiatique en balloune médiatique, mais qu’on s’intéresse plutôt à ce qui va régler certains problèmes », a-t-il lancé.

Interrogé sur les priorités de son parti pour la rentrée, le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a aussi mis l’accent sur l’immigration. « Je pense que le premier ministre réalise que, quand on ne contrôle pas ses frontières, on ne contrôle pas grand-chose », a-t-il dit.

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