Santé Québec mal accueillie à Québec

Selon le porte-parole libéral en matière de santé, André Fortin, il est « incroyablement cynique » de prétendre que ces situations-là ne se produiraient plus s’il y avait « un p.-d.g. d’agence ».
Jacques Boissinot La Presse canadienne Selon le porte-parole libéral en matière de santé, André Fortin, il est « incroyablement cynique » de prétendre que ces situations-là ne se produiraient plus s’il y avait « un p.-d.g. d’agence ».

Ne lui en déplaise, le ministre de la Santé, Christian Dubé, demeure responsable des ratés du réseau, affirment en choeur les partis d’opposition à l’Assemblée nationale. Même s’il crée une nouvelle structure, l’agence Santé Québec.

Mercredi, M. Dubé a fait valoir en entrevue avec Le Devoir qu’une telle agence permettra d’éviter des drames comme celui qu’a vécu Andrée Simard. La veuve de l’ex-premier ministre Robert Bourassa a été privée de soins palliatifs pendant trois jours avant sa mort.

L’élu de la Coalition avenir Québec s’est engagé à déposer dans les prochaines semaines un projet de loi pour concrétiser ce nouvel appareil, qui serait responsable de coordonner les activités du réseau.

Or, la création de Santé Québec permettra au ministre Christian Dubé de se déresponsabiliser. C’est du moins ce qu’anticipent les libéraux, qui sont réunis cette semaine en caucus présessionnel à Lac-Beauport, au nord de Québec. Ils accueillent mal l’idée d’un projet de loi.

Selon le porte-parole libéral en matière de santé, André Fortin, il est « incroyablement cynique » de prétendre que ces situations-là ne se produiraient plus s’il y avait « un p.-d.g. d’agence ». « C’est une solution de fonctionnaire qui décharge le ministre de ses responsabilités », a-t-il dénoncé en mêlée de presse, mercredi.

« Je ne peux pas croire que la solution en santé, en ce moment, c’est de mettre une boîte de plus dans l’organigramme du ministère de la Santé », a-t-il ajouté.

« Ramener les professionnels »

Quelques jours après la saga qui a plongé une partie de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont dans la tourmente, Québec solidaire invite le ministre Dubé à retourner à la table à dessin. En début de semaine dernière, l’urgence du centre hospitalier avait dû fermer en raison d’une grève impromptue organisée par les employés de l’unité, frustrés par le recours au temps supplémentaire obligatoire.

« La priorité du ministre, en ce moment, devrait être de ramener les professionnels de la santé dans le réseau, pas de créer une structure pour éteindre les feux à sa place et prendre le blâme quand ça va mal », a affirmé le porte-parole solidaire en matière de santé, Vincent Marissal, dans une déclaration transmise au Devoir.

Une solution de fonctionnaire qui décharge le ministre de ses responsabilités

 

Au PQ aussi, on s’étonne de voir M. Dubé brandir ce nouveau modèle. « On a demandé […] au ministre d’être imputable de la situation actuelle face au constat que, depuis trois ans, on n’a pas agi pour régler les problèmes dans le domaine de la santé », a ajouté le député du Parti québécois Joël Arseneau, quelques minutes avant le début du caucus de la formation à Québec.

« Et là, aujourd’hui, il nous arrive avec une nouvelle proposition à venir, sur une échelle de plusieurs années, de créer un dédoublement de structure bureaucratique pour mieux gérer ce qui se passe sur le terrain, alors qu’il n’y a pas plus tard que quelques mois on disait qu’on voulait décentrer le réseau. »

S’il est prêt, M. Dubé aura l’occasion de déposer son projet de loi dès le milieu de la semaine prochaine.

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo